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LE SALLON DES ARTS A LYON, EN 1786 159
au lieu de 168 ; une mère, son fils, un gouverneur et deux filles,
108 livres seulement, au lieu de 240 livres !... Tous les membres
d'une même famille, vivant sous le même toit, dont le chef payait
l'abonnement entier, ne payaient que moitié, etc.
Il fut décidé que l'exposition durerait jusqu'au 8 septembre,
et que le Sallon serait ouvert tous les jours, de dix heures
à une heure, aux souscripteurs et aux personnes munies de
billets.
Concurremment au Sallon des Arts, il y avait à Lyon, à cette
époque, une Ecole royale gratuite pour le progrès des arts et
manufactures, qu'il ne faut pas confondre avec la.Société royale
des Beaux-Arts qui existait depuis quelques années dans notre
ville au milieu du dix-huitième siècle et qui se fondit dans
l'Académie de Lyon à cette époque. Elle tenait ses séances dans
la maison dite du Concert, et s'occupait surtout de sciences exactes.
L'Ecole royale était une école d'art industriel, on y ensei-
gnait les mêmes matières que celles qui sont aujourd'hui l'objet
de l'enseignement des arts du dessin au Palais Saint-Pierre : les
professeurs étaientMM. Clément, de Villers,Graugnard,Gonichon,
et nous retrouverons leurs noms dans le catalogue de l'exposition
de 1786.
Cette école fut fondée en 1756, par un homme de bien, à la fois
trésorier de France, charge qu'il tenait de son père, et obéancier
de Saint-Just, principat ecclésiastique important, l'abbé La Croix.
Né à Lyon, en 1708, Antoine La Croix fut le troisième fils de
Jean-Pierre La Croix, trésorier de France au bureau des finances
de la généralité de Lyon. Son frère aîné, M. La Croix de Laval fut
conseiller à la Cour des Monnaies, et son oncle, l'abbé de Saint-
Julien de Tours, prédicateur du roi, lui transmit sa charge de
grand obéancier de Saint-Just, en 1734. C'était la première collé-
giale du diocèse, et l'abbé La Croix se trouva, à vingt-six ans, in-
vesti à la fois d'une charge civile et d'une charge ecclésiastique.
Intelligent, laborieux, durant sa vie, l'abbé de La Croix se signalé
par des travaux importants, des actes de générosité et de droiture.
Passionné pour les arts, il va en Italie et en rapporte un buste de
Chrysès, grand prêtre d'Apollon, oeuvre magistrale du sculpteur
Michel-Ange Slodtz, et une tête de prêtresse de Diane "du même