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LE SALLON DES A R T S A L Y O N , EN 1786 157 Enfin le mercredi, à quatre heures, on réserva la place de séances d'environ une heure, destinées à des lectures choisies d'ouvrages peu connus, et ces lectures devaient être ordinairement suivies de l'exécution de quelques morceaux de musique. On y entendit à deux reprises le célèbre Talassi, improvisateur italien, qui laissa une vive impression par le côté étrange et bril- lant de son rare talent. Tel était l'entrain de ces « lectures » qu'elles empiétèrent bientôt sur la musique, et qu'un avis du 21 juin> prescrivit que les portes ouvrant du Sallon à la salle des lectures, seraient rigoureusement fermées à cinq heures, pour que les lec- tures ne se retardassent pas en attendant les auditeurs. Mais, à côté de ces cours, les expositions n'étaient point négli- gées ; si leur succès et leur fortune furent éphémères, c'est qu'elles furent trop tôt ensevelies sous les cendres sanglantes delà Terreur. Un avis inséré à la page 160 du Journal de Lyon*- du 24 mai 1786 invitait tous les artistes et les amateurs à mettre sous les yeux de leurs concitoyens « des tableaux, des dessins, des estampes, des machines, des étoffes ou quelque sorte d'invention que ce soit ». Ils étaient invités à s'adresser au concierge du Sallon des Arts, maison de Janzé, au coin de la place Louis-le-Grand et de la rue Saint-Dominique, qui devait leur donner tous les renseigne- ments convenables. Un attrait de plus fut joint au lieu de réunion des sociétaires. Un copiste, « dont la plume est belle et l'orthographe exacte, » fut attaché à l'institution, aux mêmes conditions que le bureau des copistes, place Saint-Jean, savoir : deux sous la page de pa- pier à lettre; trois sous celle de- papier « à la Tellière, » etc. Ce copiste, trois jours par semaine à la disposition du public, ou plu- tôt des souscripteurs, écrivait, copiait à volonté, et en particulier des articles de journaux, des chansons du Courrier lyrique, etc. 1 Journal de Lyon, des annonces et variétés littéraires concernant la ville de Lyon et les provinces voisines. Lyon, Aimé de la Roche, III e année, 1786, in-12_ Cette publication intéressante et variée, comporte huit années de 1784 à 1791. Ces huit tomes formèrent 11 volumes, tous publiés sous la direction de Mathon de la Cour; elle cessa de paraître le 12 juillet 1792. Peu après, son directeur fut guillotiné.