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          NOUVEAUX SOUVENIRS DE PONDICHÉRY                         361
    L'intérieur des maisons indiennes ne brille ni par le luxe, ni par
 la propreté. A quelques rares exceptions près, l'ameublement se
 compose de coffres, bancs en bois, nattes, lampes et ustensiles de
 cuisine. Les insectes y fourmillent, protégés par les idées de ces
 gens-là sur la migration des âmes, et, quoiqu'ils soient attirés au
 dehors par l'enduit de bouse de vache qu'on renouvelle chaque
 matin sur les murailles, il en reste une armée tout à fait respectable
 à l'intérieur.
    Les Indiens se divisaient autrefois en quatre grandes classes :
    1° Les Brahmes (prêtres), qu'on disait être sortis de la tête du
 dieu Brahma. Ils avaient en partage l'étude et l'enseignement des
Védas, l'accomplissement des sacrifices, la direction des sacrifices
offerts par d'autres, le droit de donner et celui de recevoir.
    2° Les Kchatryas ou rajahs (guerriers), sortis des épaules de
Brahma. Ils avaient pour devoir de protéger le peuple, d'exercer
la charité, de sacrifier, de lire les livres sacrés et de ne pas s'a-
bandonner aux plaisirs des sens.
    3° Les Vaisyas ou Femmes-(marchands), sortis du ventre de
Brahma. Ils soignaient les bestiaux, donnaient l'aumône, sacri-
fiaient, lisaient les livres sacrés, faisaient le commerce, prêtaient à
intérêt, labouraient la terré.
    4° Les Souclras (esclaves), sortis des pieds de Brahma. L'être
souverain ne leur avait assigné qu'un seul office : celui de servir
les classes précédentes.
    Cette division primordiale, que la tradition religieuse fait remon-
ter à la création du monde, n'existait pas telle quelle au temps des
Védas; à cette époque lointaine il n'est pas encore question des
Soudras.
    On trouve la distinction sociale du prêtre et du guerrier, mais
souvent ces deux titres sont réunis dans la même personne. Le
sacerdoce n'appartient pas exclusivement aux Brahmes. Les castes
dans le sens actuel du mot sont inconnues.
   'Depuis les Védas jusqu'au triomphe de la théocratie brahmani-
que, la société indienne a évidemment subi des modifications p r o -
fondes ; je laisse à de plus compétents le soin de les suivre et de
les expliquer.
    Aujourd'hui les Kchatryas et les Vaisyas ont disparu complè-