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SUR LE MOT « P I E R R E DE CHOIN » 351 1516.— « À Jehan des Farges, dit Partout, pierreur de S' Cire, pour pierre de taille de chuyn qu'il a fournie en l'œuvre de S'-Laurent-des-Vignes. » (Id.) 1525. — 3 juin. Le trésorier Charles de la Bessée a payé « à Bouyer, perreur de Sainct-Sire, la somme de 531.12 s. pour avoir livré 200 pieds carrés pierre chuyn, telle comme celle de quoi on faict les tumbes et vaz, à raison de 4 s. le pyé, rendu sur le lieu, d'une part, et 68 piez d'icelle pierre pour employer au cloi chier de la chapelle du S'-Esprit1 » (Id.). De tous ces textes, il ressort avec la dernière évidence qu'à Lyon, le mot choin, de tout temps, s'est entendu de la nature de la pierre dure par opposition à la pierre tendre ou mi-tendre, dite blanche. EXAMEN DU TEXTE CITÉ PAR M. STEYERT Dans le n° 8 delà Revue lyonnaise, M. Steyert dit : « En réalité, cette désignation (choin ou pierre de choin) estmal appliquée; elle ne devrait pas désigner la nature de la pierre, mais la forme qui lui est donnée par l'ouvrier; une pierre de choin est une pierre taillée, mise en œuvre sous forme d'un bloc êquarri et de gi-andes dimensions. C'est ainsi qu'on l'entendait au moyen âge, auquel nous avons emprunté ce terme. Ainsi, d'après un document de 1460, on apprend que l'architecte de Saint-Jean envoya deux "maçons pour faire des choins :Duo lathomi missiper Antonium Montain ad faciendurn gallice les chungs. Puisque on faisait les choins, cette expression n'indique donc pas la nature, mais la forme des pierres ainsi dénommées...8. » Dans la Construction lyonnaise au moyen âge, M. Steyert est plus explicite encore : « Nos chanoines durent regretter ces beaux matériaux qui leur épargnaient et l'achat, et le transport, et la façon, car c'étaient des pierres de choing toutes prêtes ; tandis qu'il fallait payer non seulement les pierres envoyées d'Anse, mais aussi les ouvriers 1 Ces divers textes m'ont été communiqués par M. Vefmorel. z Récite lyonnaise, t. II, p. 15Î.