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liers. Denys Lambini nous apprend, dans la préface de son Horace, que
passant à Lyon à son retour d'Italie, De Tournes lui fit présent d'un manu-
scrit de cet auteur, rare et précieux ; circonstance qui parait peu importante,
mais qui montre en lui un amateur Curieux, et Guillaume Borluyt, dans sa
préface sur le livre intitulé : Descrtptiones historiarum memoraUlium ex
Exodo sequentibus que libris tetrasticis verstbus in 8° 1558, que G. Paradin
avait commencé, et qu'il continua, à la prière de notre Jean De Tournes,
s'exprime sur son Compte en ces termes : Incidi in Johannem Torncesium
virum (DU boni) quanta humanitate in humanioris desdplina prof essores ! in
egenos pathia,familiaritate in suos, integritate et Clementia in omnes, etc. « Je
(ou : j'eus le bonheur de faire connaissance avec.) tombai, par hasard chez
Jean De Tournes ; quel homme, bon Dieu, fut plus distingué par l'accueil
qu'il faisait aux gens de lettres, par sa Compassion pour les indigents, sa
bonté avec les siens, sa droiture, et sa douceur envers tout le monde ».
Enfin son fils, en nous apprenant l'époque et la Cause de sa mort fait
de lui ce bel éloge : Joannes Tornasius, parens charissimus, Typographorum
sui temporis facile princeps de literis ac literatis optimi meritus, ob indedessum et
non vulgarem in sua arte laborem ; pauperum cultor et patronus omnium bono-
rum seu aulicorumsive coeterorum nobilium, sive mercatorum, sive etiam rusti-
corum maximo desiderio obiit, ob ardentem sub mamma dextra carbonem pesti-
lentialem qui eum quinque dies vexaverat.
« Le 7 des Ides de Septembre mourut Jean De Tournes, mon très cher
père, d'un charbon pestilentiel, sous la mamelle droite, dont il avait souffert
pendant cinq jours. Il fut l'un des plus célèbres imprimeurs de son siècle ; il
aima les belles lettres et ceux qui les cultivaient, et il mérita leur estime par
ses travaux assidus et son habileté dans son art ; ami et soutien des pauvres,
il fut vivement et également regretté des gens de bien de tous les états ».
Ces éloges paraissent peut-être exagérés ; mais, en accordant qu'on
peut en rabattre quelque chose, il en restera toujours assez pour que la
famille De Tournes se fasse honneur de descendre d'un homme tel
que lui 1 .
i. Ce souci de Samuel de Tournes de diminuer le mérite de son ancêtre Jean de Tournes au
profit de son fils Jean II (voir pages 37, 38), contrairement à l'opinion de tous les auteurs, est bien
singulier.