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d'enfants de sa femme Anne Allard. Il y a apparence qu'il avait toujours
vécu avec son père jusqu'à sa mort, puisque la veuve était encore chez
celui-ci lorsqu'il mourut, qu'elle fut attaquée de la même maladie que lui,
et qu'ayant eu le bonheur d'en guérir elle quitta la maison de son beau père
dix jours après qu'il fut mort, ainsi que nous l'apprend Jean de Tournes le
fils, dans son journal manuscrit sous la date du 17 7be 1564. Anna Allard
fratris olim conjux villam Pétris Allardi petit, relictis nostris eedïbus. Et l'on
trouve ensuite dans ce même journal, sous la date du I er 8be 1580, cette
autre note sur cette dame, qui est singulière par la remarque qui la termine :
Acerba mors charissimce sororis Anna Allard, quœ pietate, charitate, amore
conjugali ac omnibus aliis vertutibus quce sexum fcemineum décent nemini cede-
bat : Et quod magis mirandum hcec omnia in pulchra et venusta fade sita
erant : Vixit 51. 3. mens. « Une mort cruelle m'a enlevé aujourd'hui, à l'âge
de 51 ans et 3 mois ma très chère sÅ“ur Anne Allard qui ne le cédait Ã
aucune femme par la piété, la charité, l'attachement pour son mari et les
autres vertus qui décorent son sexe. Et ce qu'il y a de plus étonnant c'est
que ces qualités se trouvaient réunies avec une figure belle et agréable ».
Jean De Tournes avait fait un testament deux jours avant sa mort, qui
fut homologué au siège de la Sénéchaussée de Lyon le 20 8be 1564 et par
lequel il léguait 200 livres pour aider à rebâtir l'Eglise réformée de Lyon,
& 100 livres aux pauvres de la même église : il donnait le quart de son bien Ã
Hugues Gazeau, son petit fils, réversibles, en cas qu'il mourut à son fils
Jean qu'il instituait son héritier pour le surplus de ses biens.
Jean de Tournes n'a pas publie d'ouvrage qui puisse le faire ranger
dans la classe des savants, car nous ne citerons pas comme tel l'abrégé des
vies de quelques hommes illustres, qu'il composa pour mettre au bas de
leurs portraits gravés, et qui parut l'année 1559 in 8° sous le titre d'Insi-
gnium aliquot virorum Icônes cum eorumdem vita a Iohanne Tornasio collecta,
car il est incertain à nos yeux si ce petit ouvrage est de lui ou de son fils, et,
dans aucun cas, il ne mériterait qu'on enfissemention, mais on ne peut st
douter qu'il ne fut homme de lettres dans toute l'étendue dont cette expres-
sion est susceptible ; il possédait toutes les Connaissances qui distinguèrent
les célèbres imprimeurs de son temps ; il savait le grec, le latin, l'espagnol et
l'italien, et les meilleurs auteurs dans toutes ces langues lui étaient fami-