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vers sont des hexamètres dactyliques, tandis que les deux derniers forment
un distique.
      La première inscription contient la dédicace. Elle mentionne le per-
sonnage qui dédie, rex Ludovicus (le roi Louis), avec deux épithètes lauda-
tives, plus et virtutis amicus (pieux et champion de la vertu), l'énoncé de la
dédicace, offert aecclesiam (offre l'église), enfin le nom du saint à qui elle est
dédiée, recipit Vincentius istam (Vincent la reçoit). Ces deux vers expliquent
et illustrent en quelque sorte le relief placé au-dessus où l'on voit le roi
offrant à saint Vincent l'église qui repose sur un lit de feuilles d'acanthe,
décoration chère à l'école clunisienne. Le pronom istam a surtout un sens
précis : cette église que vous voyez. La versification de ces deux vers est
correcte et aisée ; notons que les hémistiches riment ; c'est que les poètes du
moyen âge ont érigé en coutume ce qui, chez les poètes latins, n'était qu'une
exception assez rare, encore que généralement intentionnelle1. Il faut noter
aussi l'abrègement (correptio) de la deuxième syllabe des aecclesiam qui est
longue dans la littérature classique ; mais cet abrègement est traditionnel
chez les auteurs chrétiens ; on le trouve dans Ennode et Fortunat2 où il
rend plus commode la facture de l'hexamètre dactylique. Si le style de ces
deux vers est clair et correct, on ne saurait en dire autant du distique
suivant qui a embarrassé tous les commentateurs.
                 Lampade bissenafluiturusIuhus ibat
                 Morsfugat obpositum régis admt(er)itum.
     Le premier vers est facilement traduisible : Juillet en cours allait entrer
sur son douzième soleil. L'énorme barbarisme fluiturus au lieu de fluxurus
fait contraste avec l'expression poétique et recherchée, lampade bissena,
empruntée à Lucrèce et surtout aux poètes de la décadence3. On n'a pas le
droit de supposer fluitaturus, car, outre que le vers serait faux, le lapicide


   1. Les poètes latins ont affectionné certaines rimes :
   Virgile, Bue. VII, 58. —Liber pampineas invidit collibus umbras.
   Ovide, Met. I, 95. — ... Montibus, in liquidas pinus descenderat undas.
   Tibulle, II, 1, 44. — Tune bibit irriguas fertilis hortus aquas.
   3. Ennod., Epig., 79, g.
   Fortun., II, 3, 8 ; III, 6, 24.
   On trouve même très souvent, chez Paulin de Noie, la leçon fautive êclesia.
   3. Némésien. Cyn., 131.