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      Il y avait Perrissin et Jacques Tortorel : le premier travailla aux Entrées
depuis 1566 jusqu'en 1608 ; ils gravèrent ensemble, « sur cui[v]re et en
eau-forte » les planches du Premier volume contenant quarante tableaux ou
histoires diverses qui sont mémorables, touchant les Guerres, Massacres et
 Troubles advenus en France en ces dernières années...
      Il y avait le peintre Corneille, dit Corneille de La Haye ou « le Maître
au double C » qui, né en Hollande,fità Lyon un très long séjour (1541-1574),
il paraît s'y être fixé et être mort ici vers 1575. II a dessiné des portraits pour
YEpitome des Roys de France, de Balthazard Arnoullet (1546) et la grande
marque de cet imprimeur.
      Il y avait enfin le graveur parisien Clément Boussy, à qui Arnoullet
confia, en 1547, l'illustration des publications botaniques et zoologiques de
Léonard Fuchs, de Guillaume Guéroult et de Barthélémy Aneau : les figures
de plantes parurent pour la première fois, avec le portrait de Fuchs, dans
Historia stirpium Commentant insignes, et les animaux dans les Décades de la
Description, forme, et vertu naturelle des Animaux, de B. Aneau.
     Sait-on ce que gagnaient les dessinateurs de ces illustrations remar-
quables ? ce que gagnaient aussi les artisans chargés de tailler le bois autour
des dessins de ces petits maîtres ? Il ne serait pas tout à fait impossible de le
retrouver, pour autant que cette recherche fût utile à mes démonstrations :
ce n'est pas le cas. Je suis sûr, tout au moins, que l'on sera fort surpris
d'apprendre que le graveur, le « tailleur d'histoires » était beaucoup plus
payé que le dessinateur à qui l'on demandait la « pourtraiture » ; que Chris-
tophe Plantin, à Anvers, payait à Arnolt Nicolaï, pour cinq figures de
Sambucus I , « 5 florins 5 sols », et au dessinateur Geffroi Ballain, 3 florins
10 sols pour 7 des mêmes figures ; que Nicolaï recevait « pour la taille de
80 figures des fleurs du Coronarium Dodonei2, 7 patars la pièce » et Van
der Borcht, 5 patars la pièce pour les dessins. Pourtant, le graveur n'était
qu'un interprète qui eût été bien incapable de rendre bon un mauvais

   1. J. Sambucus, Icônes Veterum...; Anvers, 1574.
   2. Dodonaeus, Florum et Coronarium odoratarumque nonnularum Herbarum Historia ; Anvers, 1568.