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                      AUGUSTE ALLMER                       263

présente, Devant la marche du christianisme, Isis, Cybèle,
Mithra se sont évanouis comme des fumées. . . » (Insc de
Lyon, t. II, p. 273).
   Allmer a certainement raison de nier le danger. Son sens
de la réalité ne lui permet pas de se prêter à l'aventureuse
hypothèse de Renan. Mais il oublie que le christianisme,
même dès cette vie, établissait entre les chrétiens des liens
d'étroite fraternité. Pauvres et riches vivent et meurent
ensemble. L'esclave et son maître, déjà rapprochés par la
même foi, trouvent dans le même supplice la suprême éga-
lité. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir les recueils
d'inscriptions chrétiennes. En outre, Allmer oublie trop
ici l'ingénieuse et profonde thèse d'Havet, qui, dans ses
Origines du Christianisme, montre que la doctrine nouvelle
contient dans sa morale la fleur la plus exquise de la civili-
sation et de la douceur grecque. Il le fallait, d'ailleurs, pour
que le christianisme vainqueur pût reconstruire sur les
ruines du monde antique ce vaste et prodigieux édifice,
encore debout, où l'Humanité s'abrite depuis dix-huit cents
ans.
    Allmer pouvait, on le comprend, en terminant son
admirable exposé de l'histoire de Lyon romain, proclamer
l'originalité de son livre, « puisé exclusivement aux sources
romaines » et offrant « des aperçus tellement inattendus et
tellement en désaccord avec les histoires de Lyon antique,
toutes jusqu'à présent faites sans le secours de l'épigraphie
et au moyen d'inductions fournies par le Moyen Age, que
peut-être plus d'un lecteur, surpris de ces divergences,
pourra se sentir tenté de mettre en doute tout ce qu'elles
apportent de données nouvelles et d'y supposer une plus
ou moins large part d'imagination ». {Insc. de Lyon, t. II,
p. 334.) Cette noble fierté n'est ici que le témoignage can-