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               PIERRE PU VIS DE CHAVANNES                393

La douceur et la discrétion du coloris assurent l'unité de
l'Å“uvre et l'harmonie des figures.
   Puvis de Chavannes ne relève d'aucune école, et lors-
qu'on a voulu lui trouver des ancêtres, ou précurseurs, en
peinture, on a cité, par delà les cages, les maîtres de la.
fresque florentine, à l'époque de la Renaissance. Ce sont
les Parisiens qui sont allés si loin que cela, les Lyonnais
n'iront pas jusqu'en Italie, aussi bien savent-ils que les
générations d'idées se succèdent sans interruption, comme
celles des hommes, et qu'il n'est rien de purement spon-
tané dans l'éclosion des plus grandes œuvres comme dans
celle des plus belles fleurs. Il leur a donc semblé retrouver
dans les paysages du maître cette lumière un peu trem-
blante et diffuse, revêtant des tons gris les plus variés les
objets et les gens, exagérant et déformant les silhouettes,
noyant les fonds, simplifiant les perspectives, qui est la
lumière de la région lyonnaise pendant neuf mois de
l'année. Les rouges endormis, les bleus sourds, les jaunes
voilés, les mauves-lilasJ mélancoliques, prestigieuses cou-
leurs de sa palette, font aussi le charme tout particulier
des paysages lyonnais.
   Mais ce n'est pas tout, tandis qu'à Paris ses conceptions
synthétiques paraissent l'isoler et le placer en dehors de
tous, à Lyon elles ne le placent qu'au-dessus. Ici le nom
de Puvis de Chavannes s'ajoutera à l'énumération d'une
pléiade qui a grandement honoré notre ville : Orsel, les
Flandrin, Janmot, Paul Borel, tous ont essayé d'atteindre
jusqu'à la fresque et de confier à d'impersonnels person-
nages la représentation de leurs préoccupations métaphy-
siques, tous ont eu le rêve philosophique ou mystique.
Puvis de Chavannes les a laissés très loin derrière lui,
mais sur la même route.