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392               PIRRRK PU" VIS DE CHAVANNKS

toute sincérité répondre, malgré la mélancolie de ces
tardifs hommages : « Qui ne voudrait vieillir pour vivre
un pareil jour ?»
    « Deux ans avant sa mort, écrit Arsène Alexandre ( i ), il
tomba gravement malade ; on le crut perdu. Il fut alors soigné
chez la princesse Cantacuzêne, et à sa convalescence,
il l'épousa. Elle était d'une santé bien chancelante, cette
femme éminente dont il a laissé un si beau et si austère
portrait (la Femme en deuil) (2). Il la soigna à son tour
jusqu'à épuiser sa propre santé reconquise. Pourtant la
fièvre le dévorait de terminer le coloris du grand carton de
sainte Geneviève qu'il avait exposé en 1897. Lorsque sa
femme mourut on vit bien qu'il ne lui survivrait pas, et
l'on redouta en même temps que le vœu qu'il avait formé
pour l'achèvement de son œuvre ne se réalisât pas. Il par-
vint cependant à rendre cette grande peinture digne de
toutes celles qui avaient précédé. »
    Après plusieurs semaines de souffrances, Puvis de
Chavannes mourut, à Paris, le 24 octobre 1898.
    Ce fut un grand artiste, non pas un peintre voulant
montrer par la virtuosité de son art les réalités physiques,
mais un poète racontant quelque haute vision de moralité
ou de beauté. Le premier, de notre temps, il a créé des
compositions décoratives s'accommodant à l'éclairage, à la
tonalité et à l'espace. Dans un paysage toujours mystérieux,
la ligne d'horizon très élevée ne laissant entrevoir qu'une
étroite bande de ciel, il groupe des figures dont l'action se
lit facilement, la composition est toute d'habile simplicité.



  (1) Figaro illustré de février 1899.
  (2) Elle a légué, elle-même, ce portrait au Musée de Lyon.