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246               UN PROCÈS; DE       LÈSE-MAJKSTÉ

 couvertures qui se trouvaient dans la chambre. Le baron
 suivit le prévôt dans le salon qui précédait la chambre du
 Conseil de ville de Ratisbonne. Tous les membres de ce
 Conseil, tête nue, le saluèrent avec respect. Il leur tendit
la main et les remercia de lui avoir offert une sépulture dans
leur église de la Trinité. Les conseillers lui souhaitèrent le
bonheur éternel, en exprimant le regret de ne pouvoir lui
rendre, dans une autre occasion, de meilleurs services.
   Dès que Schaffgotsch fut sorti du rathhaus, la foule
qui était fort nombreuse, se mit à pleurer, à sangloter; il
en fut touché profondément. Il monta aussitôt dans un
vieux carrosse, attelé de six chevaux blancs. Le prévôt à
cheval précédait la voiture. A côté marchait Wegrer, le seul
serviteur auquel Gœtz eut permis d'accompagner son maître.
Des dames regardaient aux fenêtres; le baron les salua en
ôtant son chapeau. En face dé l'auberge de la Croix-d'Or
où le Conseil de guerre était réuni, le carrosse s'arrêta et Jean
Ulrich fut conduit devant le Conseil. On lui lut'sa condam-
nation à mort. L'empereur lui faisait la grâce de n'avoir pas
la main droite coupée. Lorsqu'il entendit qu'on l'accusait
d'avoir trahi son serment, le calme dont il ne s'était pas
départi jusqu'alors l'abandonna : il s'écria qu'il n'était pas
un rebelle, qu'on n'avait rien prouvé contre lui, qu'il mou-
rait innocent et en fidèle serviteur de l'empereur, et cita
ceux qui l'avaient condamné, principalement le général
Gœtz, à comparaître devant le Tribunal de Dieu, au jour
de la résurrection (1).
   Comme il quittait la salle du Conseil, deux jésuites, qui


  (1) Trois ans après, Gœtz fut arrêté pour trahison, mais, plus heureux
que Schaffgotsch, il fut réhabilité et mourut plus tard en héros à la
bataille de Jankau.