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                EN ALLEMAGNE AU XVIIe SIECLE                        245

sevelir son corps auprès de celui de sa femme, dans le
tombeau de sa famille à Greiffenberg en Silésie. Il passa
les dernières heures du jour dans une conversation édi-
fiante avec les ecclésiastiques. Vers dix heures du soir les
pasteurs se retirèrent en promettant de revenir le lende-
main à quatre heures du matin. Après la prière du soir,
Schaffgotsch se coucha. Il avait ordonné à son valet de
chambre Wegrer de le réveiller à la pointe du jour.
   Le lendemain lundi, 23 juillet 1635, quand le fidèle ser-
viteur vint réveiller son maître, il le trouva profondément
endormi. Schaffgotsch salua son dernier jour par ces
paroles : « Que Dieu me donne avec cette lumière, la
lumière éternelle. » Il s'habilla, mit un vêtement noir, un
justaucorps (1) en peau d'élan, avec des manches en satin,
une redingote noire (2), courte et garnie de velours, des
bottes à éperons, son épée (3), un chapeau et des gants.
   Les trois ecclésiastiques protestants arrivèrent de bonne
heure suivant leur promesse, pour lui donner les dernières
consolations. Le baron leur déclara qu'il n'avait-jamais craint
la mort, qu'il l'avait souvent vue de près, et regrettait seule-
ment de ne pas mourir pour le service de l'empereur.
   Vers les huit heures, un officier vint lui demander, delà
part du général Gœtz,s'il était prêt. Gcetzavait défendu aux
ecclésiastiques de l'accompagnersur l'échafaud; Schaffgotsch
leur baisa, la main et reçut leur dernière bénédiction.
   Pendant ce temps, le grand prévôt arrivait. Ses aides,
suivant un usage barbare, pillèrent aussitôt les tapis et les


  (1) Gilet.
  (2) lAlamoie Rock.
   (3) 11 semble qu'il avait son épée en marchant au supplice, car, après
l'exécution, elle fut mise immédiatement dans son cercueil.