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44 UNE ŒUVRE INÉDITE Ces choses vous ay-je voulu remettre en mémoire (mes- sieurs et amys) non pour honte et confusion, car lors telle puissance estoit donnée à Sathan et à ses ministres que le catholique bon François estoit bien heureux pour haban- donner ses biens demeurer quitte de leurs cruautés et inhumanitez et n'estre par eux contrainct de quitter la Religion saincte et la fidélité qu'il doit à son Roy, mais vous remettant devant les yeux la providence et bonté Divine sur vostre dicte ville démonstrée par telz effaictz admirables et plus que es autres grandes et renommées villes et comme elle l'a préservée en son entier et aussi la structure si laborieuse de vostre dicte Eglise, et voz mai- sons particulières sans estre démolies et ruinées comme quasi partout la rage de la secte s'est démonstrée, et si a beaucoup moins que nulle autre esté vexée de la gens darmerie, si vous considérés bien la misère des autres, il me semble que telles grâces et faveurs divines méritent bien que nespargne aucune chose de vostre diligence et de voz biens, et que ne soiez mescognoissaus et ingratz et reco- gnoissés qu'il n'y a chose plus recommandable devant Dieu ny salutaire au chrestien, ny plus nécessaire pour le salut éternel que de conserver et maintenir la Religion sacrée. Je ditz celle qui n'est nouvellement forgée, mais qui a esté délaissée par les apostres, et leurs disciples et succes- seurs non seulement en ce Royaume qui en est surnommé très chrestien, mais par toutes les parties du monde, où elle a esté unanimement receue et approuvée et continuée jusqu'à nous et a vaincu et surmonté en tous les aages les portes d'enfer qui sont les inventions et entreprinses de Sathan, prince des hérétiques et laquelle Religion nostre Roy très chrestien ensuyt à l'imitation de ses prédécesseurs, sans qu'un seul en ait oncq esté desuoyé depuis que le