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D'APRÈS M. CHARLES MAURRAS 7 soi-même. Quand il se vante, c'est toujours à la façon de l'épitaphe qui clôt le volume de Pauca. Nous aurons d'autres réserves à faire sur les appréciations de M. Maurras. Passons rapidement sur d'assez tristes plai- santeries à propos de la mort tragique de Barthélémy Tisseur. Il y a là un petit manque de tact, qui ne peut s'ex- pliquer que par la hâte excessive à laquelle les temps mo- dernes ont réduit l'écrivain, surtout le critique. On a principalement en vue, dans ce moment, cette idée assez surprenante de M. Maurras, que les Lyonnais auraient été les ancêtres de ,1'École dite Parnassienne. Ce serait une gloire peut-être. On croit bien qu'ils ne la revendiquent pas et que personne autre que M. Maurras ne sera tenté de la leur accor- der. Voir dans les vers abruptes et romantiques de Barthé- lémy Tisseur, ou dans les vers pleins de grâce intime de Jean Tisseur, ou dans les vers acérés et amers de Soulary « une poésie passive et mécanique », il y faut une grande, une très grande bonne volonté. C'est bien là que Flaubert eût répété son mot favori : « Enorme ! » Est-il besoin de remarquer en outre que nul de nos poètes n'a fait son capital de la sainte consonne d'appui, si chère à l'École Parnassienne ? Il faut voir à cet égard dans les Modestes Observations sur l'art de versifier, de Clair Tisseur, ce que Jean Tisseur pensait de l'exagération de la rime riche. Ce passage si caractéristique aura certainement échappé à M. Maurras. Le sonnet suivant, que Clair Tisseur a destiné à peindre au vif l'Ecole Parnassienne, ne paraît pas d'ailleurs émaner d'un disciple bien fervent de cette école :