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2l6 t'N TOSCANE ET EN OMBRIE ravissant chef-d'oeuvre de Pisano malheureusement un peu endommagé par les brutalités des Garibaldiens en iSéo; la vieille et superbe basilique de Saint-Pierre-de-Casi- nensi, élevée vers l'an iooo parle saint Pérugin, Pierre Vincioli; l'intérieur est splendide, dix-huit colonnes antiques supportent la toiture, les mosaïques, les stalles, les ambons aux reliefs de Di Guido, les autels, les pein- tures du Pérugin, de Sassoferrato, du Guide, complètent cet ensemble supérieurement artistique. La sacristie possède encore les cinq petites toiles entourant jadis l'Ascension du Pérugin actuellement au Musée de Lyon : ces toiles repré- sentent des saints en demi-ifîgure. On sait que l'Ascension du Pérugin fut enlevée à Pérouse comme tant d'autres toiles sur l'ordre barbare de Bonaparte, renouvelant ainsi les traditions des Romains dépouillant le monde pour Rome, en 1815 l'équité et la force internationale obligèrent la France à rendre ce qui ne lui appartenait pas, mais le doux Pie Vil se souvenant de l'affection respectueuse des Lyon- nais pour sa personne pendant les bons et mauvais jours, donna définitivement l'Ascension au Musée de Lyon. Auprès de Saint-Dominique et de Saint-Pierre s'élèvent de grands couvents désaffectés par le Gouvernement italien qui a installé dans l'un un quartier de cavalerie dont on entend les trompettes jusque dans l'église, et dans l'autre une sorte d'asile laïque. Combien lugubres, ces longs cloîtres silencieux, ces cel- lules vides, ces jardins abandonnés en pleine vue radieuse! Certes en France la suppression des abbayes historiques, vise, général des Frères Prêcheurs, successeur de Boniface VIII, empoi- sonné dit-on par des figues offertes de la part de Philippe IV roi de France.