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14               A PROPOS DE LUGDUNUM

   Par l'étude attentive et raisonnée des monuments, nous
croyons donc avoir réussi à établir les faits suivants :
   i° En Italie, à Rome, où le dieuLVG était absolument
inconnu, et alors que la colonie romaine de Lyon venait à
peine d'être fondée, on croyait, faute d'autres documents, à
l'étymologie erronée qu'a donnée Clitophon, et P. Clodius,
le rhéteur célèbre, le savant monétaire de notre aureus,
connaissait à coup sûr cette étymologie, mais ne connaissait
qu'elle ; voilà pourquoi sur les monuments romains fabri-
qués en Italie et à Rome (par exemple sur notre aureus),
on voit la « ville de Lyon » représentée par « le corbeau
sur le rocher » ;
   2° Mais en Gaule, à Lyon, où l'on savait parfaitement
qui était le dieu LVG, et où l'on n'ignorait pas que le cor-
beau n'était que l'emblème du dieu, ce corbeau, quand il
apparaît sur les monuments de fabrique locale, y figure
« voltigeant » ou « posé », mais jamais sur un rocher ;
c'est donc que. à Lyon même, l'étymologie fantaisiste, LVG,
corbeau, était inconnue et pour cause, et l'oiseau, sur les
monuments lyonnais, se montre ce qu'il est réellement :
l'emblème d'un dieu protecteur ;
   3° Par conséquent, en Gaule, à Lyon, il ne pouvait être
question de représenter « la ville de Lyon » par le corbeau,
cet oiseau étant l'emblème réservé au dieu LVG ; et c'est
pourquoi cette ville, comme nous l'avons démontré plus
haut, est toujours représentée, sur les monuments de
fabrique lyonnaise, non point par le corbeau, mais par un
emblème tout autre, qui se trouve être, et nous avons dit
pourquoi, le lion, posé ou couché ;
   4° Seulement, en Italie, à Rome, la vérité ne tarda pas
à se faire jour, avec le temps ; et c'est pourquoi, sur tous
les monuments postérieurs, comme par exemple sur la