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ORIGINES DE LUGDUNUM 415 Ce n'est pas tout : les finales à 'Arph-a ou Arph-us sont évidemment des désinences latines. Gauloises, elles pour- raient représenter os comme en Iccavos et Licnos, ou as comme en Corpimaquas et Goas ; mais, purement daciques, elles paraissent avoir formé un son guttural dont la trans- cription difficile se trahit chez les hagiographes par l'em- ploi simultané d'à et d'us. D'un autre côté, le dialecte volce parlé en Ségusiavie, et ceci est important, possédait, en même temps que les pa- tois voisins et les langues romanes, une série de mots ayant une étymologie commune avec Arphus : Lyonnais et forézien, arpa, arpi, arpion, orpa, arpie, ce qui saisit, enlève, griffe, instrument à crochet, croc, « Yarpa de la mort »; ancien beaujolais reverpo, fem. a, en forme de croc, de harpe, recourbé ; jurassien arpe, iarpe, main longue avec droigts crochus, orvales, grêles, ouragans, gelées, vimaires qui détruisent les biens de la terre (1) ; roman arpa, griffe « de bec et à 'arpas » (2), etc. Il serait sans doute téméraire d'affirmer; cependant, ce résumé des recherches de mes prédécesseurs et de mes études particulières me paraît suffisamment établir que, parmi les Lugdunenses, existait une formule funéraire re- montant à l'antiquité grecque primitive, comme à la reli- gion des Gaules avant César ; que cette formule annonce une divinité psychagogue, ayant pour fonction parfois de donner leur accomplissement aux dévouements inspirés par la vertu., acceptés par les dieux ; que cette divinité doit être Gwyddon, le Thot ou Hermès des Celtes ; que Gwyd- don, ravisseur et conducteur des âmes dévouées avait un nom particulier, dacique ou gaulois : Arpa, Arpha, formé (i) Cf. le port, orvalho, brouêe du matin, rosée. (2) Elue, de lasprop., f° 132.