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                     ENCORE LE LAC TRITON                          391
des géographes latins, il cite un historiographe grec, il s'agis-
sait de faits contemporains du premier siècle de notre ère;
il est question maintenant d'une tradition vague, relative à
un état de choses de près de quinze cents ans antérieur à J.-C.
Et puis, cette tradition mérite-t-elle créance ? En ce cas, je
ne m'explique pas pourquoi M. Pélagaud doute de la surélé-
vation du plateau saharien ; car si Diodore a voulu dire
que son lac Triton, qui se serait, tout à coup, écoulé dans
l'Océan, occupait le Sahara, cela prouverait cette différence
de niveau contestée par mon savant adversaire. Mais il
semble que Diodore s'est mépris du tout au tout. En effet,
Hérodote, qui écrivait plus de quatre cents ans avant lui et
qui était par conséquent mieux renseigné sur cette question,
Hérodote ne parle que de notre lac Triton méditerranéen
et place non loin de là, à l'ouest, les Atlantes que Diodore
fait voisins de son lac Triton océanique. Ce dernier écri-
vain a donc vraisemblablement fait confusion. Toujours
est-il que l'antiquité savante n'a pas admis le lac Triton de
Diodore de Sicile ; il n'est pas entré dans la nomenclature


se sert souvent d'un terme plus douteux encore; il relate les faits
comme des récits légendaires mythiques, fetf, t>lo%iZTt, dit-il.
   Si j'osais donner mon humble avis sur cette tradition curieuse, mais
non concluante, je dirais qu'elle se rapporte à un souvenir vague de la
période anté-historique, relatif à la mer saharienne, à l'époque où,
comme je l'ai dit dans ma première lettre (p. 147, 1. 1 r à 14), elle se
confondait avec la Méditerranée ; laquelle mer, d'après la même tradi-
tion, se serait déversée dans l'Océan par suite d'un soulèvement qui
aurait formé le plateau actuel, et n'aurait laissé que le lac Triton au-
thentique et historique dans la dépression de Scholt-el-Kébir. Et,
j'ajouterais que les commentaires recueillis par Diodore, avaient mal à
propos confondu cette mer disparue avec le lac Triton qui a subsisté
historiquement. Nouvelle preuve que l'antiquité littéraire n'a pas connu
la mer saharienne, alors même que son souvenir avait été vaguement
conservé dans les récits fabuleux.