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                      DE SAINT-ETIENNE                     271
   On voit par là que ce privilège, loin d'être une surprise,
est une suite naturelle de la réunion des différents intéres-
sés depuis 60 ans, qui s'est opérée par la mort des uns et la
retraite des autres. Il en résulte donc que la cour, en adhé-
rant aux demandes des inspecteurs, est parvenue à former
un établissement constant et avantageux au service des
troupes; je vais le démontrer:


                   Avantages du privilège.

   Si l'on considère la fourniture des armes des troupes
comme un objet de commerce ordinaire, peut-être sera-t-
on en droit de condamner un privilège existant, nuisible en
général; mais si l'on examine l'importance du service de
la cour, la manière dont on y procède, on apercevra bientôt
qu'il ne doit être confié qu'à des personnes dont la probité
soit reconnue ; qui puissent concourir avec les inspecteurs
et les contrôleurs à la meilleure fabrication possible. La
 qualité essentielle du fusil est d'être fait avec de bonnes
matières et bien travaillé. Il faut donc s'assurer de ces
deux points. Je vais exposer la manière dont on y a
pourvu.
    Les ouvriers canonniers se fournissaient autrefois le fer
dont ils fabriquaient leurs canons ; leur intérêt les engageait
aie prendre au meilleur marché. Les canons subissent deux
épreuves suivant les règlements; on avait établi que les
canons qui crèveraient à la i re épreuve, seraient en perte
pour le compte des canonniers, et que les crevés ou éventés
à la seconde, seraient à la charge de l'entrepreneur qui les
payerait comme bons, de manière que le canonnier qui
 partageait les dangers de répreuve avec l'entrepreneur,
 trouvait encore son compte à employer de mauvaises ma-