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l86 DEUX MOIS EN ESPAGNE Comme son faubourg, dont je viens de parler, Barcelonne forme aussi un grand carré, que divise en deux parties le large boulevard qu'on appelle La Rambla (le ravin), parce qu'il servait, avant qu'on l'eût comblé, à l'écoulement d'un cours d'eau qui circule autour de la ville. Ce boulevard, grâce aux plantations dont on Ta décoré, est devenu le quartier le plus élégant de la cité; il est orné de jolis hôtels, de brillants magasins, et peut, les jours de fête, lutter d'élé- gance avec ceux de Paris, à cette différence près qu'ici ce sont les piétons qui en occupent le centre, et que les deux voies pavées réservées aux voitures sont celles qui longent les boutiques. Le centre de cette charmante promenade est la jolie petite place Royale, entourée de galeries bordées de maga- sins; le milieu en est occupé par un joli square, que décore une statue équestre de bronze. En suivant la partie de la Rambla qui se dirige vers la mer, on arrive à un vaste terre-plein qui, comme à Gênes et dans presque toutes les villes maritimes, domine la mer, et sert de promenade aux oisifs qui viennent voir partir et arriver les navires. Le quartier monumental de Barcelonne est un peu plus loin; il a d'élégants édifices, mais un air de solitude qui contraste péniblement avec son architecture. On y trouve la place du Palais avec sa magnifique fontaine décorée de groupes de femmes et de chevaux marins en marbre de Carrare. Le cours d'Isabelle II, la fontaine Médina Cali, le Real Palacio, ancienne demeure des rois Goths, mais n'ayant plus rien de cette époque; la Bourse et quelques édifices modernes forment, avec les précédents, un ensemble agréa- ble, mais cependant peu attrayant pour le touriste; le jardin public, un peu plus loin, renferme beaucoup de fleurs : il est la promenade la plus fréquentée par les Espagnols à l'occasion des nombreuses fêtes de leur calendrier; le reste