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                  DEUX MOIS EN ESPAGNE                   185

lumière d'Afrique, et où les montagnes de la Suisse se
reflètent d'une manière si féerique dans les plaines de
pourpre et d'azur de notre transparente Méditerranée.
   Le chemin de fer s'était insensiblement rapproché du
rivage et côtoyait maintenant les sinuosités des flots expi-
rant sur ses grèves paisibles. De distance en distance, on
trouvait de charmants lieux habités, Colonna, Holstarich,
Moncada, mais à partir de ce point, tous les objets s'effa-
çaient à nos yeux ou prenaient des formes fantastiques,
car les dernières lueurs du soleil avaient pâli sur les flots,
et on ne voyait plus distinctement que les lumières qui
brillaient aux fenêtres des maisons voisines de la route
ferrée. La nuit était complète, et même assez avancée,
quand la douane de Barcelonne nous permit enfin d'aller
chercher dans cette ville un repas et surtout un gîte.




             CHAPITRE          DEUXIÈME

                       BARCELONNE


   BARCELONNE, qui compte plus de cent cinquante mille
habitants, est divisée par un port dont la longueur n'étant
guère qu'une fois plus grande que la largeur, constitue une
espèce de baie au milieu de la ville ; la citadelle est au fond
de cette anse, et ses glacis, qui se joignent aux promenades,
achèvent de la séparer en deux cités, qui ne portent pas le
même nom. Barcelonnette, la plus petite, n'est qu'un simple
faubourg de l'autre. Pour n'avoir plus à en parler, car elle
n'offre aucun intérêt, je dirai tout de suite qu'elle est
remarquable par la régularité du tracé de ses rues, qui la
font ressembler de loin à un camp militaire.