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104                      APPENDICE
    Cette précieuse collection se compose de quatorze pas-
tels.
    Douze de ces portraits, grandeur demi-nature, représen-
tent les dames les plus fêtées, les étoiles, comme on dirait
aujourd'hui, de la troupe de Mme Lobreau. On retrouve
le faire de l'école de Boucher, dans ces figures coquettes,
un peu maniérées, qui ont posé avec le désir évident d'être
trouvées jolies. L'une tient une fleur, l'autre prend son
café ou son chocolat, toutes minaudent et roucoulent
comme si un beau cavalier leur contait fleurette. Malheu-
reusement, le nom de ces beautés est inconnu : Quant à
celui de l'artiste, on peut supposer que c'est Bréa, de Paris,
qui a eu soin de joindre son adresse de peintre-encadreur
au dos de chaque portrait. Artiste prudent et que la gloire
 ne grisait pas, Bréa ne dédaignait point de proclamer qu'il
 était aussi fabricant de cadres, heureux de joindre aux pro-
 fits que ses crayons lui donnaient, les bénéfices d'une plus
 modeste industrie.
    Mais à côté de ces douze portraits, dont la principale va-
 leur vient des souvenirs qu'ils rappellent, on admire deux
 grands et beaux portraits, véritables œuvres d'art signées
 Barois et datées de 1775.
    L'un représente une jeune femme d'une rare beauté,
 d'une grande élégance, des plumes dans les cheveux, des
 diamants aux bras et au cou et revêtue d'un costume d'ap-
 parat, tel qu'on le portait sur la scène ou à la cour.
    Cette femme était-elle Mme Lobreau, Mlle Clairon ou
 quelque autre célébrité de l'époque ? On ne pourrait le sa-
 voir, faute de meilleurs documents, qu'en comparant cette
 tête admirable aux collections de la bibliothèque nationale.
 A qui s'adresser? A M. le conservateur des estampes?
 Ce mystère peut et doit se révéler.
    L'autre portrait est celui d'un homme jeune et intelli-