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70 NÉCROLOGIE taire général, qu'il n'avait abandonnées qu'en 1877 pour recevoir de ses collègues, pour le prix de tels services, le titre et l'honneur de la présidence. Ce collègue, aimé de chacun de nous, celui que nous avions voulu nous attacher par tous les liens dont nous pouvions disposer, montrant ainsi de quelle grande estime nous l'entourions, celui-là n'est plus. Sa dépouille mortelle vient d'être confiée à la terre, tandis que son âme immor- telle, cette âme qui vivait d'une vie si intense à la recher- che constante de la vérité, cette âme, dis-je, repose au- jourd'hui dans le sein de Dieu. A nous, qui restons ici-bas condamnés aux luttes de cha- que jour, de prendre pour exemple cette vie remplie à cher- cher et à faire le bien, cette vie d'honnête homme et de vrai citoyen. Qu'il me soit permis d'y choisir quelques traits, ils mettront mieux en lumière la personnalité pleine de douceur et de bonté qu'une fatalité cruelle nous con- damne aujourd'hui à pleurer. Mon honorable collègue, M. Loir, a su vous dire mieux que moi ce qu'était le savant : ce que je veux rappeler à vos souvenirs, c'est l'homme. C'est cette nature essentielle- ment douce et bienveillante, d'une modestie extrême, vi- vant toute pour le devoir et accomplissant sa tâche en s'ef- façant. H obéissait au devoir, lorsque poussant au-delà de ses forces physiques les études microscopiques, il se voyait privé, à la suite de travaux trop continus, d'un des organes de la vue. C'est par devoir qu'il fut poussé à cette dernière action de sa vie, où il a rencontré l'accident funeste qui nous l'a enlevé. C'était déjà par devoir qu'il prenait l'ini- tiative, en 1849, et très-jeune encore, de la formation d'une phalange d'hommes de son âge qu'il appelait à com- battre le choléra.