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318 CHRONIQUE LOCALE y a longtemps que son mérite et son savoir l'auraient appelé à Paris s'il n'eût été retenu dans notre ville par des liens de famille II lui reste ici trop d'amis pour que nous n'ayons pas l'espoir de le voir revenir un jour. — Nous avions annoncé le petit volume qui sera bientôt po- pulaire : de Lyon à Genève, guide artistique et pittoresque, par M. le baron Raverat. Il a paru et il n'a point menti à nos prévisions; il est élégant, portatif et commode ; il décrit bien ces belles ou sauvages vallées que suit le chemin de fer entre les deux célèbres cités que nous avons nommées ; ce sera un compagnon charmant pour les excursions que la belle saison va engager à faire sur les bords de l'Albarine ou du Furand, dans les forêts de Meyria, de Hauteville ou d'Echallon, ou sur les hautes cîmes du cret de Chalame, du Credo et du Colombier. Soyez certain que partout vous aurez un guide véridique, agréable et sûr. — M. le. Docteur Diday a fait paraître une Notice histori- que sur le docteur Pétrequin, admirablement écrite comme tout ce qui sort de la plume de l'habile secrétaire général de la Société de médecine de Lyon, vrai chef-d'œuvre de déli- catesse, de sensibilité et de finesse, tant elle sait voiler les côtés faibles de son héros, atténuer ses aspérités et ses ru- desses, pour ne montrer que le travailleur infatigable, le sa- vant profond, le professeur exact, l'écrivain fécond et le littérateur qui ne prend du repos qu'en donnant-un autre ali- ment à son esprit; tableau vrai cependant, et qui, dans sa bienveillance exquise, ne manque ni d'énergie ni de vigueur. — Mais ce n'est pas Lyon seulement qui produit des ou- vrages qu'on lit avec plaisir, il nous en arrive que nous ne pouvons nous empêcher de saluer avec empressement. Voici Le Comte de Montrevel, par M. Henri Gloria ; c'est le portrait d'une des plus originales et des plus grandes figures de la Bresse, d'un gentilhomme dans toute l'élégante accep- tion du mot. Voici la Famine de 1694,'par notre collaborateur et ami M. Elie Jaloustre, qui nous peint, avec énergie et pièces en mains, une des plus terribles calamités qui aient jamais frappé l'Auvergne. A la lecture de ces récits poignants, on est à se demander si vraiment il ne s'est écoulé que deux siècles depuis cet affreux fléau et si la civilisation moderne nous en a préservé sans retour ? Enfin, nous signalons Mélanges, par Edouard Mercier ; et voilà tout. On ne peut trouver un titre plus modeste. C'est un recueil de divers travaux écrits en diverses circonstan- ces, et en divers styles, suivant le sujet ; mais si le premier chapitre est une savante dissertation sur la Toilette d'une Romaine, les autres pages nous ramènent en plein Bugey et nous font aspirer à longue haleine la saine odeur des sapins de Nantua. Ce sont des récits concernant la jolie petite ville, les événements qui ont réveillé les échos de Maria-Mâtre, enfin de gracieuses poésies qui nous font voir