page suivante »
LE TÊNEMEKT DE THUNES 105 nature, n'a jamais possédé de sources fluentes. Les au- tres la faisaient arriver du canal de dérivation qui cô- toie le Rhône sous les balmes de la Pape et de Crépieux ; mais le point de départ de ce canal, à Neyron, est de plusieurs mètres inférieur au plafond de la naumachie. Nous-même avions partagé cette erreur jusqu'au moment où de nouvelles études vinrent modifier notre opinion, grâce aux bornes d'altitude placées sur le chemin de halage, le long de la voie ferrée de Lyon à Genève. Mais revenons à notre sujet principal, dont cette di- gression nous a momentanément éloigné. A l'époque romaine, comment étaient abreuvés le quartier Saint-Paul et le quartier de Bourgneuf, qui étaient très-peuplés, ainsi que le prouvent les nombreux fragments antiques rendus au jour par les bouleverse- ments du terrain entrepris pour la construction des maisons et du quai ? Sans nul doute, par des réservoirs ménagés sur le plateau même de Thunes, à côté des syphons. Ces réservoir? ou citernes étaient au nombre de deux, si l'on s'en réfère à l'expression de Grande Thune et de Petite Thune, employée durant des siècles pour dé- signer le plateau. Ils étaient eux-mêmes approvisionnés par les eaux du diviculum de Fourvière ou par celles du réservoir de chasse de la montée des Anges. Mais ce qui nous occupe le plus spécialement ici, c'est de démon- trer l'existence de réservoirs sur le plateau. Avons-nous réussi ? L'avenir nous l'apprendra; mais jusqu'à présent, rien encore n'est venu nous contredire. Les restes de ces réservoirs sont sans doute enfoncés sous les terres éboulées de la montagne, dans les subs- tructions du couvent des Carmes, dans celles de la belle propriété de Montauban, ou sous les murailles qui sou- tiennent les terrasses et les jardins du plateau.