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6                            POÉSIE

    Que la nature donne à notre si doux sol,
    Et que foule le pâtre avec son entourage,
    Sa suite de brebis cherchant le pâturage,
    Lorsqu'au soleil levant, chante le rossignol,
    Lorsque dans le taillis, notre chère fauvette
    Perle son hymne aimable et qui n'a qu'un seul nom,
    Un seul, celui d'amour et l'amour pour renom,
    Dieu sait si la mignonne est tendrement coquette!

    Nous étions montagnards, nous le sommes toujours !
    Nos Alpes sont les fleurs des plus belles montagnes
    Où les aigles ont fait le nid de leurs amours,
    Et le regard du ciel vient baiser nos campagnes ;
    Nous étions montagnards, nous le sommes toujours !
    Ah ! l'air suave et doux, imprégné de résine,
    Que l'on savoure aux bois de ce beau Dauphiné,
    Ou bien sur les hauteurs où cet air pur est né,
    Comme un parfum, exquis, une essence divine,
    On peut le regretter, quand on l'a bu souvent!
    Souf9.es de nos forêts, arômes de nos plaines,
    En Grèce, a-t-on senti plus charmantes haleines
    Passer et repasser sous les baisers du vent?
    Non ! non ! les pays chauds ont la vive lumière,
    Aveuglant le regard de sa puissante ardeur,
    Mais ils n'ont point notre air à la si fraîche odeur,
    Qui rend plus embaumée une province entière.

    Nous étions montagnards, nous le sommes toujours!
    Nos Alpes sont les fleurs des plus belles montagnes
    Où les aigles ont fait le nid de leurs amours.
    Et le regard du ciel vient baiser nos campagnes,
    Nous étions montagnards, nous le sommes toujours!
    Quelle sève au désert de la Grande-Chartreuse,
    Parmi tous les géants de verdure étalés
    Sur les flancs de ces rocs qui seraient désolés
    Sans leur parure épaisse ; ici, le torrent creuse