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LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON 87 d'elle, n'eût pas manqué, la main sur la garde de son épée, d'en imposer à l'ennemi et de le rendre moins exi- geant. Qui ne se souvient de ces malheureux soldats revenant de captivité, tristes, découragés, la tête basse, en haillons et rentrant à leurs corps désorganisés ? Jamais notre pauvre France n'avait eu un plus navrant spectacle. Mais il s'est rencontré, heureusement, un général expérimenté qui a pris des mains de ces ignares l'administration de notre armée, et, en peu de temps, avec de minimes res- sources , il a su la refaire, la réorganiser, lui rendre sa discipline et lui inspirer l'amour du devoir, le respect hié- rarchique et l'abnégation. Mais ce n'était pas tout de la nourrir, de rhabiller et de pourvoir, avec sollicitude, à tous ses besoins. Le général de Cissey a voulu faire davan- tage. Comprenant, par une douloureuse expérience, que nos revers tenaient aussi à l'infériorité de notre armée par son instruction, il s'est appliqué à y créer des écoles où l'instruction serait donnée au soldat et à l'officier, selon leurs positions, et ces écoles ont amené déjà d'heureux résultats. Enfin, M. le Ministre de la guerre a eu aussi la louable pensée de créer des Cercles militaires. « La réunion, dans un seul et même local, des officiers de toutes armes, — a-t-il dit dans sa circulaire du 13 août 4872, —cette réunion facilitera leurs études, et en leur favorisant l'oc- casion de se voir et de se connaître, amènera entre eux des rapprochements dont beaucoup auront à profiter. C'est à cela qu'il faut tendre, et au lieu de disséminer leurs efforts dans des directions ou vers des buts distincts, je verrai avec plaisir que les différentes armes s'unissent dans une pensée commune pour préparer les résultats que nous poursuivons. »