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420              LES CHASSEURS DE RENNES.

  Quand enfin le jour parut, je vis que j'étais couvert de
sang et qu'il 7 en avait une longue traînée vers la porte.
C'était le sang de mon agresseur et non le mien. Mon
couteau, que je retrouvai à terre , était rouge jusqu'au
manche. J'éveillai le docteur, et nous reconnûmes que
Patte-de-Tigre avait disparu, ce qui nous parut fort
compromettant pour lui.

                           XXII

   Je courus chez I-ka-eh, pour lui faire part de l'incident
de la nuit. Elle n'hésita pas à reconnaître là l'œuvre de
Patte-de-Tigre et le fit inutilement chercher dans tout le
village. Personne ne l'avait vu. Des traces de sang indi-
quaient que le blessé avait dû prendre le chemin de la
plaine.
   La fille du chef était fort occupée à des soins de mé-
nage, ni plus ni moins que les autres femmes de la tribu.
Il fallait préparer les peaux des bêtes tuées la veille ; les
nettoyer d'abord avec un petit racloir en silex; les sécher
au soleil fixées à quatre piquets; puis les assouplir à la
fumée ; ou bien encore faire macérer les tendons dans
l'eau, les réduire en fibres par un martelage prolongé et
en tresser des cordes. Je remarquai que si les hommes
avaient en partage les rudes labeurs de la chasse, les
femmes ne manquaient ni de travail, ni de peine. La
fabrication des outils et des armes en pierre ou en os,
leur était presque exclusivement réservée, et elles s'en
acquittaient avec une adresse toute féminine. Le silex ne
se trouvant pas naturellement dans la localité, les hom-
mes allaient le chercher au loin, à trois ou quatre heures
de marche, sur le territoire actuel des communes de La
Salle et de Charbonnières. Là étaient les grandes mines