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66                     CHATEAU-BAYART.
la construction d'une tour carrée qui s'élevait au centre de
ses terres. A peine avait-on posé les fondations que le
bailli du Graisivaudan, Emery de Brisey, ordonna de
cesser les travaux. Les franchises delphinales permettaient
bien à tous les gentilshommes de la province de fortifier
leurs maisons, pourvu toutefois qu'elles s'élevassent à
une certaine distance des frontières et d'une forteresse de
l'Etat. Or, la défense du bailli se motivait sur ce que le
Bayart était voisin de la Savoie et du château-fort d'Avalon.
Pierre Terrail adressa une requête au gouverneur de la
province, Geoffroy le Meingre, dit Boucicault, protestant
que sa tour aurait trop peu d'importance pour nuire à la
sûreté de la frontière et menacer le château d'Avalon. Une
enquête eut lieu, et comme elle fut favorable à Pierre Ter-
rail, il put continuer la construction de sa tour, qui fut ache-
vée en 1414 et pour laquelle il prêta l'hommage au Dauphin.
   A cette t o u r , originairement simple rendez-vous de
chasse, et dans tous les cas probablement insuffisante
pour servir de résidence à une famille seigneuriale, on
ajouta plus tard un corps-de-logis principal et quatre tours
rondes, le tout enfermé dans une enceinte de murailles et
de terrasses. Ce fut là que, en 1472, Hélène Alleman
Laval, femme d'Aymon Terrai], mit au monde un enfant
dont le nom est devenu un symbole d'honneur, de courage
et de désintéressement. Il était le second de huit enfants
(cinq garçons et trois filles).
  La maison-forte de Bayart et le domaine qui en dépen-
dait restèrent dans la famille des Terrail jusqu'en 1560,
époque où Françoise du Terrail, héritière de la branche
aînée de cette famille, et femme de Charles Copier, les
vendit à Jean de Saint-Marcel, seigneur d'Avançon. Ce
dernier en laissa la jouissance à son fils Guillaume,
archevêque d'Embrun. Puis en 1581, Anne d'Avançon en
épousant Balthazar de Simiane, porta ces biens dans la
famille de son mari ; ils y restèrent jusqu'en 1735. Pauline
de Simiane les fit alors passer, par mariage, dans la mai-