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474           LE PAGE DU BARON DES ADRETS.

la plus forte partie de l'armée, avec Blancon de Forez
pour son lieutenant, prêt à se porter partout où sa
présence serait nécessaire.
    Tout étant arrêté et les ordres signés, le baron alla
inspecter la ville et ses fortifications, commanda de nou-
veaux travaux et rien n'échappa à son active surveillance.
    En revenant de son inspection, comme il passait de-
vant l'église d'Ainay il entendit un grand bruit, et vit
des soldats qui mutilaient des statues. Un surtout était
acharné après une œuvre d'art. Courroucé, des Adrets
l'interpella : —Que fais-tu là ! lui dit-il, ne te souviens-
tu pas de mon édit ? Le soldat, railleur, se tourna vers
son général et lui dit :
    — Lorsque les idoles seront toutes renversées je m'en
souviendrai.
    A cette insulte, le baron pâlit, sa main saisit une ar-
quebuse et visant le fanatique :
    — Qui me résiste meurt, dit-il d'une voix sourde,
et la balle, frappant le misérable au crâne, l'élendit sans
vie sur les dalles de l'église.
    Un sombre murmure s'éleva autour du baron, mais
lui, promenant ses regards sur ses soldais, marcha droit
vers un groupe d'officiers :
   •— Veillez à la discipline, ajonta-t-i!, pour moi je
vais préparer les dernières instructions pour votre dé-
part. Il faut que rien ne soit négligé, la campagne que
nous allons entreprendre est sérieuse.
   A ces mots, il salua et se retira. L'acte de justice
qu'il venait de faire l'avait assombri, il avait compris le
mécontentement de ses soldats, mais pouvait-il être
désobéi si insolemment? Le maintien de son autorité