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                     MUSIQUE DRAMATIQUE.                     499

vite ineffable au milieu de la tristesse de l'éloignement est
admirable; et quoi déplus beau que le duo entre Marino Fa-
liero et Israël Bertucci, représentation profondément vnie,
l'un de l'élément populaire impatient du joug, l'autre de l'é-
lément aristocratique blessé dans la partie la plus vitale de
son essence, l'honneur! Il y a là une alternance véhémente,
saccadée, frémissante de phrases mélodiques qui ne sont pas
du chant, car c'est l'orchestre qui chante, mais une véritable
conjuration. — L'auteur y a déployé une habileté admirable
de science musicale et de science physiologique tout à la fois.
L'annonce que Marino Faliero fait à Bertucci de ses victoires
dans
                                 Fenezia
           Avra il brando di Falier
vous soulage le cœur d'un poids d'incertitude douloureuse
qui le comprimait. Le fratelli arnici furono est un vrai car-
tel de défi lancé à la tyrannie vénitienne par les deux princi
pes réunis dans un pacte de sang et de vengeance. Dès lors un
accès de tristesse muette, secrète, indéfinissable, mais tou-
jours croissante remplace peu à peu l'énergie de la volonté,
place l'un après l'autre tous les acteurs du drame sous l'empire
de la fatalité désormais seule et unique dénouement de l'ac-
tion, envahit la musique, se fait jour dans les deux chœurs du
second acte, vous enlace et vous entoure de ses spires dans
ce fatidique prélude de violoncelles à 1'
             Io ti veggio, or piangi e tremi,
pénètre chaque note de l'adagio, s'incarne dans un mouve-
ment original et soutenu , y reflète un pressentiment de la
mort de Fernando, et, dans questo schiavo coronato, domine
d'en haut, sombre comme la mort, immobile comme la la-
gune, l'apparition du Doge de Venise parmi les conjurés.
   Enfin dans la strella:
             Non un 'alba, non un ' or a.