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500                 MUSIQUE DRAMATIQUE.

qui termine la scène, il y a un suprême et dernier effort
de la volonté humaine concentrant toutes ses forces pour la
lutte, et puis l'air chanté par Hélène , l'adieu de Bertucci à
ses enfants, l'effort éloquent :
       « Siamo vili et fummo prodi »
qui a, peut-être, contribué à réveiller l'esprit d'indépendance
en Italie et le duo final entre la prima donna et la basse sont
des indices puissants d'un génie régénérateur.
    Mais c'est dans la Lucia di Lamermoor que Donizelti ré-
vèle les plus brillantes qualités de sa manière. Lucie est son
chef-d'œuvre et une des plus charmantes rartilions de notre
siècle, et elle fut composée en six semaines ; il y a versé les
plus douces mélodies de son cœur. C'est dans cet opéra, qui
excita des transports dans toute l'Europe, que Duprez se ré-
véla chanteur éminent.
    De toutes les partitions de Donizetli, Lucie est celle (dit
M. Scudo), où il y a le plus d'unité et qui renferme les plus
heureuses inspirations du cœur. Chaque morceau en est ra-
vissant et parfaitement en situation. L'introduction, dan^ la-
quelle se dessine le caractère vigoureux d'Àsthon , est d'un
bon style et tout à fait en harmonie avec le drame lugubre et
 tendre qui va se dérouler. Le duo entre Lucie et son amant
Edgard est plein de passion, surtout f allegro qui est devenu
 populaire. Celui pour baryton el soprano entre Lucie et son
 frère est également remarquable, quoique rappelant un tant
 soit peu un duo à'Elisa e Claudio de Mercadante. Le finale
 du premier acte se recommande par des qualités de premier
 ordre. Le sextuor qui s'y trouve encadré est certainement
 l'un des morceaux d'ensemble les plus dramatiques qu'il y
 ait au théâtre. Y a-t-il rien de plus pénétrant que cette
 phrase d'Edgard:
        « Tamo, ingrala, t'amo ancor. »