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                                 POÉSIE.                 427

                             ABATTEMENT.

                  La vie est sombre et monotone
                  Quand l'esprit se livre au sommeil ;
                  Rien ne l'émeut ni ne l'étonné ;
                  Semblable à l'expirante automne
                  Il n'a plus ni fleurs ni soleil.

                  Où trouver la douce retraite
                  Dont le génie est inspiré ;
                  Où vient s'exhalter le poète,
                  Quand l'heureux sujet qu'on y traite
                  Attise en lui le feu sacré ?

                  Serait-ce dans la cotterie
                  D'où rien ne jaillit de fécond,
                  Où la gaîté même est flétrie,
                  Où la froide plaisanterie
                  Donne au temps des ailes de plomb ?

                  Dans le cercle où chaque journée
                 .Traîne, autour d'un même foyer,
                 La foule à l'ennui condamnée,
                 Qui vient sous une cheminée
                 Tuer le temps sans l'employer ?

                Chez ces gens dont, l'âme se berce
                Au sein de sordides succès,
                Où toujours la chicane perce,
                Où les gains faits dans le commerce
                Acquittent les frais d'un procès ?

                 Croupiers, dont la foule ébaubie,
                 Aux fonds publics cherchant son gain,
                 Lit les journaux dans sa lubie,
                 Comme les livres d'Arabie
                 En les commençant par la fin (1) ?
(ij La cote des changes.