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LA BATAILLE DE MÉTBIEUX. 103 quand il peut e'clairer l'histoire et expliquer la le'gende à l'aide des monuments écrits ; plus heureux encore quand il peut, le premier, signaler un épisode se rattachant a l'his- toire générale du pays. Telle est la bataille de Métrieux, livrée le 9 décembre 1587, auprès de Chuyer en Lyonnais, entre les catholiques commandés par François de Mandelot, gouverneur de Lyon pour le roi de France, et les protestants h la tète desquels se trouvait François de CMtillon, fils aîné de l'amiral de Coligny. En cette année 1587, l'agitation des esprits était grande au sein du royaume et même dans l'Europe entière. Depuis deux ans la guerre civile avait recommencé en France. C'était la huitième fois que le parti protestant avait repris les armes; c'était aussi la dernière, et dans cette guerre qui devait être fatale a la dynastie des Valois, l'irritation des deux partis fut portée 'a l'extrême. Un événement, dont le re- tentissement fut immense, vint encore accroître l'efferves- cence des esprits. Une reine que plus d'un lien rendait chère à la France et au catholicisme, Marie Stuart, venait de mourir de la main du bourreau (8 février). Cette catas- trophe où les passions religieuses avaient la plus grande part, et qui était une sorte de défi jeté au monde catholique par une reine protestante, provoqua des projets de ven- geances terribles, et fut pour la Ligue un nouveau motif de haine contre Henri III. Mais la Réforme n'en reçut en France qu'une force toute morale. Désormais sa cause était perdue; les huguenots n'allaient plus avoir affaire à un roi plein de mollesse et disposé à leur faire toutes les concessions ; ils allaient se trouver en présence de la nation entière qui ve- nait de jurer la sainte union et qui était fermement résolue a en finir avec les religionnaires, fût-ce même en sacrifiant son roi. Et pourtant jamais les réformés n'avaient été moins