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                       CHRONIQUE LOCALE.

   Serail-il vrai que l'activité de l'esprit scit en rapport avec l'activité de la
main? Que la pensée travaille plus auprès d'un métier qu'aux bords d'un
torrent et que ce soit en vertu d'une loi do la nature que la patrie de Bal-
lanche s'est trouvée la pairie de Jacquard? On serait tenté d'en convenir
envoyant tant d'agglomérations d'habitants qui, n'ayant rien à faire, passent
leur vie dans un far nie.nle complet, tandis que quelques grands centres
comme Londres, Paris, Lyon, où le temps est si précieux, où le jour est trop
court avec ces pauvres virgt-quaire heures pendant lesquelles les affaires
tenaillent le cerveau, on a encore du loisir, est-ce du loisir? pour penser,
écrire et, chose plus curieuse , pour se divertir et s'amuser, témoin les
nouvelles salles de'spectacle qui surgissent chez nous de tous côtés.
   Lyon, dont le commerce a repris avec activité, Lyon qui construit des
monuments, termine ses quais, jette des ponts, ouvre de nouveaux quar-
tiers dans la plaine, Lyon qui travaille avec sa ténacité foiésicnne et son
habileté dauphinoise, Lyon public des ouvrages comme dans ses plus
beaux temps.
   Nous avons signalé quelques-uns de ces livres écrits avec l'ardeur et la
conscience d'écrivains sérieux et convaincus. L'Histoire de la première
Croisade, par M. Peyré ; l'Histoire de la Papauté au XVe siècle, par M. l'abbé
Christophe, ont marqué parmi les mieux faits. Le Glossaire des Patois du
Lyonnais, Forez et Beaujolais, par M. Oûofrio, et l'ouvrage pratique et
philosophique de M. Rougicr, les Associations ouvrières, études sitr leur
passé, leur présent, leurs conditions de progrès, augmenleront le nombre
de ces œuvres d'élite auxquelles on a consacré courageusement des années
de recherches et de réflexions avant qu'on ait osé en écrire le premier mot.
La médecine et l'archéologie produisent d'autres travaux quircstciont
comme les marques des tendances élevées de l'esprit lyonnais actuel.
   A côté de nous, pareilles études, pareilles aptitudes pour les côtés sérieux
de l'esprit. A Bourg, M. Baux vient de livrer au public le Nobiliaire du
Bugey et du pays de Gex et déjà il préparc un troisième et dernier volume:
Histoire de la noblesse de l'Ain depuis ses origines jusqu'à nos jours. A
Mâcon, M. Arcclin met sous presse un Indicateur héraldique et généalo-
gique du Maçonnais, tandis que le Courrier de l'Ain donne en feuilleton
un manuscrit deLalande d'un intérêt si vif que la presse parisienne daigne
s'en occuper, et que le Moniteur de la Loire offre à ses lecteurs une étude
sur les Chapelon et sur Molière, où dans un cadre amusant se trouvent
les détails les plus curieux sur le Saint-Etienne d'autrefois.
   — Les éditeurs de la Défense de l'Eqlise par l'abbé Gorini, le modeste et
célèbre curé de Saint-Denis, près Bourg, publient, à Lyon, une troisième
édition de cet ouvrage, en même temps qu'on édite à Avignon un autre
immense travail du même écrivain, les Mélanges littéraires extraits des
Pères latins, dont M. l'abbé Martin, pronotaire apostolique, surveille
l'impression.
   Que de gens seraient étonnés si on leur disait que Manchester est une
ville d'éludés et que Florence et Athènes sont des cités où on n'écrit plus.
   — Notre infatigable compatriote, M. Guigue, de son côté, vient de ter-
miner et va éditer un ouvrage précieux pour l'histoire de nos départe-
ments, ce sont les Mémoires pour*servir à l'histoire des Dor.ibei, par Louis
Aubret, conseiller au parlement de Dombes , 1695-1748, Ce savant
travail, resté manuscrit à Trévoux, sera enrichi de notes et de documents
dus à la plume de l'éditeur. L'ouvrage paraîtra par liviaisons de cinq ou
six feuilles, au prix de 2 francs la livraison, et formera un beau volume de
5 à 600 pages. On peut s'adresser, à Lyon, chez tous les libraires.
    — On se rappelle que MM. de Barthélémy et de la Roque avaient aussi,