page suivante »
CHRONIQUE LOCALE.
La guerre a éclaté instantanément, sans être prévue, et on ne sait quand
et comment Bile se terminera. On en cause avec inquiétude, les journaux
y.consacrent leurs colonnes, et les gens sensés gémissent de cette nouvelle
complication. Cela est venu à propos d'une pierre gravée qu'un savant a
trouvée et qu'un autre a déchiffrée ; de là des charges à fond de train dans
lesquelles une vieille amitié est restée sur le carreau. Nous pensons ne rien
risquer en donnant celte inscription d'après le Salut Public :
« Hère hygiène !
« Diis manibus et mémorise œternœ Julias Artemisise, natione Asiana,
quœ vixit annos viginti et quatuor ; Titus Flavius Hermès, conjugi pien-
tissimae, castissimœ et incomparabili ponendum curavit ob meritis suis et
sub Ascià dedicavit. »
« Maître, adieu !
« Aux dieux mânes et à l'éternelle mémoire de Julia Artemisia, née en
Asie; qui a vécu vingt-quatre ans. Titus-Flavius Hermès à son épouse très-
chère, très-chaste et incomparable, a fait élever ce tombeau en mémoire
de ses vertus et l'a dédié sous l'Ascia. »
L'inscription est en ce moment au Palais-des-Arts. On en a envoyé une
reproduction à M. Béliard, qui ajoutera un chapitre à son ouvrage Sur les
femmes vertueuses dans l'antiquité. « Chose remarquable ! s'écrie le tra-
ducteur, que cette expression : herus un maître, en parlant d'un mari.
Elle prouve chez les épouses d'autrefois une soumission digne d'être offerte
en exemple ! » Nous pensons que cette réflexion, aussi juste que profonde,
engagera notre Conservateur des musées archéologiques à donner à cette
pierre une place d'honneur au milieu de toutes celles que possède le Palais-
des-Arts.
— Les exigences de l'actualité ne nous permettent que de rappeler légè-
rement ces effrayants glaçons accumulés naguère entre l'Ile-Barbe et Neu-
ville, magnifique mer de glace qui n'avait rien à envier à celle de Cha-
mouny ; les concerts qui ont fait courir la ville, ces petites Delépierrc,
prodiges de dix ans, dont le talent comme violonistes confond les artistes
les plus sérieux ; le bal brillant de l'Hôtel-de-Ville pour lequel on a inau-
guré les nouveaux salons des Archives et de la Conservation ; l'Exposition
réellement belle où les Lyonnais ont fièrement remplacé les noms de nos
artistes décédés par des noms grandis ou des noms nouveaux ; l'espace nous
serre et le cri en avant ! nous porte surtout à nous occuper de l'avenir.
Le concert Luigini aura lieu le 13, le concert Robert, le 14, le concert
Julie Billiet, le 16 ; et enfin le dimanche 22 mai prochain, nous aurons,
avec une solennité inaccoutumée, un grand Concours Orphéonique duquel
nous attendons merveille, grâce à l'entrain et à l'entente de son président