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                           JNÉCROLOGIE.
   Dès que nous avons eu appris la perte du regretté Charles Michel, dont
la présence au milieu de nos travaux élait toujours une si grande joie, nous
nous sommes empressé de demander des documents pour faire une notice,
et aussitôt trois pièces nous sont pïrvcnues : quelques lignes de M. Saint-
Olive, et deux lettres que leurs auteurs ne pensaient pas devoir être pu-
bliées, mais qui ont tant de fraîcheur, de gracieux laisser aller et de senti-
ment, que nous n'avons pas osé y toucher, et que nous les donnons telles
que, entières, sans y rien modifier, en y laissant même ce qui n'a aucun
rapport avec la douleur que nous éprouvons de la mort si foudroyante d'un
ami venu, la veille encore, nous serrer la main. Puissent-elles faire connaître
et aimer celui que nous avons vu si tristement disparaître du milieu des
hommes d'élite de notre cité.                                    A. V.
                           CHARLES MICHEL.
   La Revue du Lyonnais vient de perdre un de ses collaborateurs, Charles
Michel, mort subitement, lundi 6 mai, à l'âge de 51 ans, dans sa maison
de Grigny. Nous le connaissions depuis sa jeunesse, et nous pouvons
apprécier tout ce qu'il y avait chez lui d'intelligence et de cœur. Il avait
débuté dans la vie intellectuelle en s'oecupant sérieusement de chimie, et
nous nous souviendrons toujours avec quelle clarté il nous développait
des théories tinctoriales, relatives aux opérations pratiquées dans les
ateliers de son père et de ses oncles.
   Plus tard, il délaissa, un peu trop peut-être, les sciences naturelles, pour
s'occuper exclusivement de poésie, la nature de son esprit le portait à ce
genre de travail, et il nous a lu souvent de charmantes pièces inspirées
par la satire ou par une douce morale. Il a composé un grand nombre de
contes ; mais nous préférons ses autres poésies. S'il n'a pas pratiqué les
arts, il les aimait passionnément. Il laisse une nombreuse et belle collection
de tableaux ; son obligeance pour les artistes n'avait pas de limite, et le
Mus^c de notre ville possède plusieurs toiles dues à sa libéralité.
   Sa bienfaisance modeste et sans bruit a secouru bien des misères, et il
savait trouver des détours pour déguiser sa générosité. Les hommes de
nature distinguée sont rares, et leur perte est un véritable deuil pour ceux
qui apprécient avant tout les qualités de l'esprit et du cœur.
                                                     Paul SAINT-OLIVE.

            A M. Vingtrinier, directeur de la Revue du Lyonnais.
                                                     Lyon, le 21 mai 1861.
          MON CHER DIRECTEUR,
   Je vous communique une lettre de M. Roumanille contenant quelques
détails que vous pourrez utilement intercaler dans la notice biographique
de M. Michel. Je vous ai dit que M. Michel, quelques jours avant de mou-
rir, s'était donné le plaisir de mettre ma main dans la main de M. Rouma-
nille : c'était un de ses plaisirs les plus friands que celui de servir de trait
d'union à des amitiés de même valeur, de rapprocher des intelligences qui
lui paraissaient avoir les mêmes visées , de sceller des sympathies douées
d'affinités congénères. Sa vie, au surplus , comme celle de tous les bons
ouvriers du jardin de Dieu, s'est passée à lier, relever et soutenir ; c'était
le tuteur incarné de l'art.
   On m'a prêté quelques poésies de M. Michel ; je vous les communiquerai.
Quelques extraits insérés dans votre article seront, pour vos lecteurs, de
charmantes confidences sur le caractère de l'homme , sa manière de sentir
et d'exprimer ce qu'il sentait. Une bonne fortune pour sa mémoire serait
la publication de ses œuvres poétiques en un joli volume édité avec luxe