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418 ANCIEN DAUPHINÉ. S'il ne l'a quittée qu'un moment, pour venir seul à Cuïaro, rien ne montre que Cularo fût Grenoble. Cularo ne peut être pris pour Grenoble qu'autant que la retraite de Plancus sur l'Isère et la marche des armées de Lépide et d'Antoine l'auront contraint d'y chercher un re- fuge sur la rive droite ou sur la rive gauche de l'Isère. En dehors de celte hypothèse, le nom de Cularo dans la date de la lettre est sans portée. Mais le fait est manifeste, si Plancus rallie ses troupes, en réorganise les colonnes, s'il attend un secours, c'est sur l'I- sère, non loin du Rhône, c'est sur un point où l'Isère lui permet d'arrêter Lépide et d'empêcher la défection des Gaules tout entières, c'est sur une tête de pont coupé sur les limites des Allobroges, in finibus Allobrogum, c'est à Romans, Civitas villa Romanensis. En retraite des rives de l'Àrgens à celles de l'Isère, Plancus ne s'est pas mieux préoccupé de Grenoble que du pauvre village trouvé par Durivail aux portes de Chambèry. Ainsi tombe la base de celte invention d'Expilly, invention chère aux savants, mais inutile aux annales glorieuses de l'an- tique Gralianopolis. ITINÉRAIRE D ' A N T O M N ET DE PEUTINGER. M. Pilot, on l'a vu, a cru trouver le nom de Cularo dans les Itinéraires, c'est-à -dire, je le suppose, dans les Itiné- raires d'Antonin et de Peulinger. Mais Durivail (page 52) l'a dit, si l'Itinéraire d'Antonin est bien de ce prince , on y lit Gratianopolis et non pas Cularo. Grenoble aurait été Gralianopolis de 138 à 161, près d'un siècle avant le règne de Gratien. Si au contraire vous admettez qu'il y a eu substitution de nom, il n'est plus un titre qui garantisse celui de Cularo. Quant à l'itinéraire de Peulinger, h supposer qu'il faille