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202 PATOIS DU LYONNAIS. l'empire romain, dans toute la Gaule, une grande partie de la population parlait assez bien le latin pour se faire com- prendre dans cette langue. Mais sur cette vaste étendue de territoire, les anciens langages avaient-ils absolumement cessé de se faire entendre? D'autre part, tous ceux qui parlaient le latin le parlaient-ils de même ? Les peuples d'origine et de langues diverses que les Romains avaient trouvés en Gaule reçurent le latin succes- sivement. Chacun d'eux le reçut avec les habitudes de la langue qVil parlait au moment de la conquête. Or, un Espagnol qui apprend le français ne le parle pas comme un Anglais ou comme un Allemand. A ces hommes qui ont des habitudes de-langage diverses, il faut des efforts persévérants et une bien longue pratique pour que leur français ressemble à celui des indigènes. En France même, le français est parlé d'une manière notablement différente par le peuple des provinces. De ce que le latin ne fut adopté que lentement et succes- sivement sur les divers point de notre territoire, il résulta d'abord que les anciennes langues ne furent pas absolument détruites ; elles subsistèrent à des degrés différents. Une multitude de faits rapportés par les historiens ne laissent à cet égard aucun doute. Il suffit d'ailleurs pour s'en con- vaincre d'observer l'extrême difficulté avec laquelle les idiomes se perdent lorsqu'ils sont parlés par un peuple nombreux sur un territoire de quelque étendue. La langue des Celtes, celle des Aquitains et le grec de Marseille étaient certaine- ment parlés dans plusieurs parties de la Gaule, concurrem- ment avec le latin, même lorsqu'il était a son apogée dans notre pays. 11 est certain de plus qu'a côté du latin littéraire et offi- ciel parlé par les Romains d'origine et par toute la classe