Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                  LES JUIFS DANS LE MONBE.                           SOo
   Ce disant, nous nous adressons plus particulièrement aux Gouver-
nements qui, en fait de progrès, paraissent vouloir marcher à la tête
de l'Allemagne. Nous nous adressons également à la Suisse, qui fait
partie de la Confédération Germanique, sinon au point de vue poli-
tique, du moins au point de vue universitaire ; à la Suisse qui, par-
conséqiient vit dans la même atmosphère d'idées, et partage les
mêmes préventions contre les Juifs, et cela, à un degré plus pro-
noncé, car, si nous sommes bien informé, ceux-ci ne peuvent pos-
séder un pouce de terrain sur le territoire des Treize Cantons (1).
Que cette petite république ne donne pas occasion de médire des
Gouvernements républicains, en fournissant, à ses dépens, de tels
exemples d'intolérance et d'inégalité civile. Qu'elle imite sa sœur la
république des Etats-Unis où les Juifs, comme tous les autres ci-
toyens, jouissent d'une telle liberté dans ce pays du Self-Governe-
ment qu'ils ont été jusqu'à former une société pour la conversion des
chrétiens.
  Nous espérons que ces diverses considérations, que nous avon


sespoir? Que si, dans le cours des âges, les descendants opprimés
de ces guerriers et de ces sages ont dégénéré ; que s'ils ont perdu
les qualités de leurs pères ; que si, dépouillés du bienfait des lois,
et courbés sous le joug de la servitude, ils ont contracté les vices
des esclaves et des voleurs, oserons-nous leur en faire un reproche ?
N'y a-t-il pas là, pour nous, au contraire, un sujet de honte et de
remords? Eh bien ! rendons-leur, enfin, justice, ouvrons-leur toute
grande la porte de cette Chambre, ouvrons-leur l'entrée de ces car-
rières, dans lesquelles ils pourront déployer et leur habileté et leur
énergie. Tant que pareille chose n'aura pas été faite, ne soyons plus
assez téméraires pour affirmer qu'il n'y a pas de génie parmi les
enfants d'isaïc, et pas d'héroïsme parmi les descendants des Mac-
chabées.
   « En appuyant la motion de mon honorable ami, je défends,
c'est ma ferme croyance, l'honneur et lés intérêts du christianisme.
Je croirais insulter à cette religion sainte, si j'affirmais qu'elle ne
peut se soutenir que par des lois intolérantes. Sans ces lois elle a
vaincu le monde, et sans ces lois elle doit triompher dans les siècles.
Elle a prévalu sur les superstitions des nations les plus raffinées
comme les plus sauvages, sur la mythologie enchanteresse des Grecs
comme sur l'idolâtrie sanglante des forets du nord. Elle a prévalu
sur le pouvoir delà politique do Rome. Elle a dompté ces barbares
qui avaient comme englouti l'Empire romain. Mais toutes c~s vic-
toires ont été gagnées, non par le secours, au contraire en dépit de
l'intolérance. L'histoire entière du Christianisme prouve qu'il a peu
 à craindre du persécuteur comme ennemi, et beaucoup du persé-
 cuteur comme auxiliaire. »
    (1) Telle était la loi dans la plupart des cantons, mais depuis
 1848, la législation a été modifiée à ce sujet, et on nous apprend
 qu'à Zurich, par exemple, les Juifs ont "des propriétés immobilières.