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                 ÉLOGE DE M. DE CHANTELAUZE.                  357

    Vous aviez su apprécier toutes les douceurs de cette gra-
 cieuse confraternité' qui fait le privilège et la parure des corps
 littéraires.
    Mme Desbordes - Valmore unissait la sensibilité la plus
 exquise h la culture la plus variée des dons de l'intelligence.
 Ame tendre et chaste muse qui sut garder, au milieu des
 vicissitudes d'une atmosphère agitée, la pure simplicité de sa
vie, inspirer le goût, de la vertu par les larmes de sa poésie,
 et faire écouler par les indifférences blasées du temps, la
 plaintive mélodie de ses naïves idylles.
    Sa poésie ne prétendait point à éblouir ; elle savait tou-
cher et plaire, elle répandait autour d'elle ce doux rayonne-
ment qui pénètre l'âme, et dont les paisibles reflets valent
mieux que la pompe et sont quelquefois plus durables que
l'éclat.
    A côté de cette suave et timide lumière, nous avons vu
s'éteindre un illustre flambeau dont la perte a mis l'Europe
en deuil. M. Alexandre de Humboldt embrassa le monde
entier par ses infatigables voyages, et la science entière par
l'immense variété de ses travaux. Il fut l'ami de deux rois ,*
vécut presque la durée de deux vies , apparut dans tous les
lieux, et vivra dans tous les temps. 11 vous appartenait dès
longtemps ; son nom eût manqué à votre gloire et le vôtre
eût manqué aussi à cette vaste auréole de palmes acadé-
miques dont toutes les capitales de l'intelligence s'étaient plu
à faire resplendir son front. Adopté par tant de patries , il
ne pouvait rester indifférent à la métropole des industries
de la France, ni étranger à une Compagnie qui par ses asso-
ciations comme par ses lumières en est devenue le second
Institut.
    C'était pour vous un devoir d'ajouter une fleur a cette cou
ronne funéraire que tant de cités sont venues déposer aux pieds
de la statue que la France lui a élevée à Versailles, dans le