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AU MO-ÃEN-ÀGE. 227 Nous avons déjà parlé ailleurs du prix de la viande de boucherie (1), et si nous y revenons ici ce n'est que pour en faire remarquer la modicité. En Bourgogne, on ne trouve pas qu'en 1385 la valeur d'un bÅ“uf ait jamais dépassé le prix de 3 1. 10 s. t. = 192 f. 50 c. , tandis qu'il descend quelquefois jusqu'à 32 s. = 88 f. (2). Reste à savoir si ces prix représentent la valeur du bÅ“uf sur pied ou seulement de la viande propre à la consommation. On estime à la moitié du poids total les parties inutiles d'une bête qui reslenl à l'abattoir et n'entrent pas en boucherie, de sorte que la valeur de la portion vendable se trouve augmentée, en effet, de celle de la portion non vendue. Or, la désignation par pièces et quartiers, et la modicité môme des prix, prou- vent que la grosse viande était livrée à l'hôtel toute dépecée, de sorte qu'en réalité les prix sont moins faibles qu'il pa- raissent au premier coup d'Å“il. Ils n'en restent pas moins très modiques, car en supposant qu'un bÅ“uf valant 120 livres, prix moyen, pesait, rendu en cuisine, 280 kilogram- mes, poids moyen, le prix du kilogramme de viande n'aurait été que de 42 centimes ; mais si on suppose ce bÅ“uf non dépecé , ce prix devra encore être diminué de moitié, en raison de l'augmentation du poids de la masse vendue. Ce résultat n'est pas une exception due à des circonstances favorables, car la viande diminua constamment en Bourgo- gne jusqu'en 1418, où la pièce de bÅ“uf valut un cinquième de moins qu'en 1385 (3). Dans la période que renferme (1) Voir art. Cuisine. (2) Voir le tableau C. (3) Escrocs de mars 1418 de ta dépense de l'hôtel de Marguerite de Bavière, Duchesse de Bourgogne. ( Cabinet de l'auteur. ) Le prix de 36 à 50 s., en mars 1418-9 ( voir tableau C), est en désaccord avec ce que dit l'histoire d'une disette à Paris, où un bÅ“uf valait 50 fr. 2,750 fr. un mois plus tard (J 1 de Paris ). Si le bourgeois de Paris, qui se plaît tant Ã