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490                »E LA DIGNITÉ DE l/ART.

jamais quant au dessin et la couleur contre les formules des
 manuels de "peinture, mais nous laissant froids et indiffé-
rents devant ces corps que ne faisaient vibrer ni le souffle de
la vie, ni les mouvements du cœur, ni les évanouissements
de l'âme; divinités sans autels , héros sans patrie, acteurs
tristes et guindés dans des drames dont les passions ne sau-
raientêtre comprises de nos jours. Nous le demandons, quel
 intérêt pouvaient-ils inspirer ? Nous le demandons encore,
 étaient-ils du domaine de l'art, tous ces monuments élevés
 souvent a grands frais, d'après les lois établies par Vitruve,
 Vignole et Palladio, avec le même caractère pour toutes les
 destinations, la même construction pour tous les matériaux
 et la même forme pour tous les climats ?
    Non, l'art n'est pas plus là que dans les observations des
 réalistes : les uns ne. demandaient pas assez à la nature, les
 autres lui prennent beaucoup trop. Notre âme veut qu'on
 s'adresse à elle avec un langage simple, naturel, mais élevé.
 Elle est autant blessée par les mots recherchés et ampoulés,
 que par les phrases préparées et conventionnelles d'un
rhétoricien banal, que par les paroles vulgaires et triviales
 d'un diseur qui ne parle que pour parler, en visant à nous
 étonner par le cynisme de ses discours.
    Ce serait peut-être l'occasion de vous exposer ici nos
 doctrines sur le beau idéal ; mais pourra-t-on jamais s'en-
tendre sur cette grande question? Est-ce, comme l'a dit
 Platon, la splendeur du vrai, ou bien, comme d'autres l'ont
 enseigné, l'harmonie parfaite du tout avec les parties qui
 le composent ? Est-ce seulement le beau naturel choisi et
 appliqué avec discernement et justesse au sujet qu'on
 traite, comme d'autres l'ont dit ? Serait-ce le beau moral
 rayonnant sur le beau physique et le transfigurant ? ou bien
 la réalisation de ce sentiment intime et profond de la per-
 fection en toute chose que possède l'âme humaine, et que