page suivante »
DE L'HOMME, 123 appartient a une série d'êtres élevés au-dessus du monde matériel. Cette notion n'est pas une invention humaine. Elle est une révélation dans l'esprit, faite par le Tout-Puis* sant (Rom., 1, 19, 20). Cette révélation est la clef des mystères du monde. Ici encore la nature est notre institulrice. En elle et par elle c'est Dieu qui nous instruit. Aussi, chez tous les peuples, l'idée de Dieu vient de l'esprit, ou médiatement ou immédia- tement. Cette idée est successivement une présomption, une croyance, une connaissance, une certitude. Elle n'est Jamais une tradition de famille ou de nation. Le peuple, enfant porté dans les bras de la nature, sa nourrice, reçoit d'elle la première idée de Dieu. Les phé- nomènes naturels et leur puissance font présumer quelque chose qui est fort, puissant, mais invisible (l). On se moque du fétichisme, de l'adoration des bêtes, des sources, des étoiles, des sacrifices aux boucs et aux mauvais génies; on rit du polythéisme poétique. On a tort; ce sont la les premiers begayements de la religion. Ce bégayement se fait encore entendre parmi les chrétiens civilisés. Avec la science, la lumière divine de cette révélation brille plus pure. Les idoles tombent. La nature repousse nos adorations ; elle nous apprend qu'elle n'est pas ce qu'il y a de plus élevé. Il y a une puissance, une sagesse qui n'est pas (1) Supposons que tous ces faits reposent sur des lois naturelles et insaisissables. D'où viennent cet accord merveilleux, cette combinaison de forces naturelles, mais secondaires, pour produire des effets qui inté- ressent si profondément la vie de l'homme ? Nous comprenons bien le mécanisme des marionnettes ; mais qui en tient les fils, qui dirige leurs mouvements ? Ici s'arrête la tâche du naturaliste. Au lieu de répondre, il vous renvoie au-delà des masses inertes, bien loin à travers l'espace, là où le sentiment religieux nous fait chercher l'auteur de toutes choses. (ta plante et «a vie, par Schleiden).