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•124                     BE L'HOMME,

sienne, mais que l'esprit humain reconnaît par la conscience
de son impuissance propre.
    Lorsque l'esprit ne se contente plus de la croyance en
Dieu, mais veut la certitude, alors le doute commence. Ce-
pendant les révélations médiates ou immédiates ne se tai-
sent pas, mais dans les recherches, l'intelligence fait souvent
fausse route. On demande des miracles et des signes visibles.
Ce pauvre mortel est donc privé de ses sens? N'est-il pas
entouré de miracles? ils pullulent dans les herbes, dans la
poussière, dans le ciel, en lui-même, où sa respiration est
bien un véritable miracle. On veut bien plus encore, on
demande une apparition visible et personnelle de Dieu. On
veut que l'infini devienne fini/que l'immensité soit limitée.
    Alors les sages ont cherché dans toutes les directions ce
qui est introuvable. Est-ce la faute de la nature mal étudiée
si les uns font tout procéder d'une matière subtile qui
échappe aux sens ? Le monde matériel est leur Dieu (maté-
rialisme) ; si d'autres regardent la nature, quoique n'ayant
pas conscience d'elle-même, comme la créatrice de l'esprit,
une nécessité immuable serait la cause première de la liberté
de l'esprit. Ils font de la nature un Dieu qui, sans le savoir,
fait tout avec sagesse. Ce Dieu serait parfait et imparfait.
C'est le naturalisme. D'autres, en partant d'un principe
purement idéal, ont voulu, par de simples raisonnements,
démontrer l'existence de Dieu. Leurs vains efforts ont dé-
montré seulement le jeu habile de leur pensée ou l'exacti-
tude de leurs raisonnements, ils ont oublié que si on connaît
Dieu par expérience immédiate de l'esprit, on le connaît
aussi par expérience médiate dans la nature.
   Pouvons-nous, sans qu'une excitation quelconque réveille
en nous la lumière d'une étincelle, pouvons-nous, dis-je,
produire en nous l'idée de l'infini du vrai, du néant, tandis
que nous voyons toujours dans le monde le fini, l'illusion,