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                            EN BUGEY.                          445
 ger le crime d'Ambronay, en détruisant une des plus fortes ci-
 tadelles du Dauphin , et en ouvrant la route entre la Bresse et
la Savoie; mais en vain donnait-il des assauts répétés, en vain
 Guichard le Grand, sire de Beaujeu, le prince de Morée, le duc
d'Autriche, le comte d'Auxerre, le baron de Vaud, faisaient-ils
des prodiges de valeur, en vain, l'Archevêque de Lyon marchait-
il au combat, entouré de sa noblesse forézienne ; les murailles
 étaient trop hautes, les rochers trop escarpés, les tours trop
bien gardées ; l'armée assaillante s'épuisait, le sang le plus gé-
néreux de la Savoie coulait en vain autour de l'ancienne for-
teresse des Ambarres, et le siège ne faisait aucun progrès. Ce-
pendant, trop d'orgueil animait tant d'illustres guerriers, pour
qu'ils se retirassent honteusement, trop d'intérêts étaient liés à
la prise de cette place, pour que les princes abandonnassent cette
conquête. Amé le Grand, maître dans l'art de la guerre, annonce
à haute voix son projet de se porter sur un autre point. Les
villes du Dauphiné ne sont pas toutes imprenables; et là, tout
près, dans le Bugey même, Lagnieu, ville riche et heureuse, au
milieu d'une plaine fertile, est mal défendue et sera impuissante
à résister. Amé veut la livrer à ses soldats. Au milieu de la nuit
et quand le comte de Savoie est certain que les espions dau-
phinois connaissent ses intentions, il fait sonner delà trompette,
plier les tentes, retirer les engins du siège et l'armée conster-
née se met en mouvement. L'infanterie, la première, se dirige
sur Saint-Denis. Le village et le château étaient, depuis le com-
mencement de la campagne, entre les mains des Savoisiens. Le
pont sur l'Albarine était un passage important et les débris de
la tour étaient un observatoire précieux sur la plaine. L'infan-
terie traverse le village , les engins de siège qu'on a pu emme-
ner et les bagages viennent ensuite ; une cavalerie brillante,
l'élite de la Savoie et de la Bourgogne, les meilleures lances de
la Bresse et du Bugey , Etienne de la Baume, surnommé le
 Galois ; Iblet de Chalant, surnommé le Grand ; Pierre de la Palu,
 surnommé le Sage ; Guillaume du Saix, le favori du comte de
 Savoie ; le turbulent Girard de Varax , surnommé la Guêpe
 ferment l'arrière-garde et traversent la plaine à pas lents. Cette