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                      THÉODORE OLIVIER.                    407

vamment étudiés. Mais, d'autre part, succéder au général
Morin était assurément une tâche difficile ; elle obligeait,
et s'y vouant avec celle ardeur consciencieuse qu'il portait
en toute chose, sacrifiant au bien public son repos, sa tran-
quillité personnelle, Olivier vil bienlôl s'affaiblir, non ses
forces intellectuelles, mais ses forces physiques ; une affec-
tion grave appela le remède des eaux d'Aix ; elle n'attendit
même pas pour frapper le terme du voyage, et dans sa ville
natale dont la vue avait paru soudain le ranimer, il expirait
malgré les soins que lui prodiguait sa fidèle compagne; après
avoir cependanlpu revoirdeces amis d'élite comme Tabareau,
Lortet, Etienne Rey, avec lesquels il s'entretenait peu d'heu-
res avant sa fin, et que dans cet entretien, qui était comme
le chant du cygne, il exprimait avec l'animation la plus vive,
avec une rare abondance, le profond désir qu'il éprouvait de
voir progresser la science dans l'industrie, de voir surtout
apporter dans l'instruction populaire des améliorations qui
tourneraient au bien du pays; il expirait inopinément alors
que l'avenir n'avait plus pour lui que de longs jours de bon-
heur, et qu'il pouvait surtout jouir de cette satisfaction, si
douce pour le savant, de voir ses idées adoptées ; car dans la
nouvelle direction qu'a reçu l'enseignement du pays , une
juste influence a été évidemment exercée par des travaux qui
n'échappaient point à une haute attention.
   Ainsi que des voix éloquentes, des voix autorisées se sont
plu à le proclamer, la mort d'Olivier a été une perte pro-
fonde pour les sciences dont il était un des plus dignes repré-
sentants; pour l'École centrale; pour l'École polytechnique ;
pour le Conservatoire des Arts et Métiers, et celle perte pa-
raît plus sensible quand on songe à toutes les qualités qui
chez l'homme le disputaient au savant.
   Le savant se révélait soit par sa pénétration rare, sa logi-
que instinctive, soit par ses œuvres, soit enfin par le charme