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4()4 RÉVOLUTION DE SUÈDE EN 1772. criminelles ; ils comptaient profiter de leur supériorité à la diète pour détrôner le roi et pour ouvrir un champ libre à l'anarchie. Ils cherchaient à ameuter le peuple, et lorsque le héraut proclama Roi le prince Gustave, un d'eux osa crier qu'il ne le deviendrait pas ; ils répandirent sur ce prince les bruits les plus injurieux, jusqu'à l'accuser de la mort de son père. Les Chapeaux, affaiblis, sollicitaient sans cesse les secours de la France. A cette époque même, M. Barthélémy, chargé par intérim des affaires de France en Suède, se crut obligé de leur sacrifier uue somme de 150,000 dahlers, sans en avoir reçu la permission de sa cour. Mais l'occasion était pressante, et le duc de La Vrillière, ministre des affaires étrangères, ne le désavoua pas. M. le comte de Vergennes fut nommé ambassadeur de France en Suède. Ses instructions portaient le caractère de la politique de la France. Il lui était recommandé d'éloigner la Suède de la Russie, de tâcher de la réunir au Danemarck pour former une balance dans le Nord, de tâcher de détruire les factions, surtout de s'opposer aux entreprises des Bonnets, de gagner la confiance du roi de Suède, de diriger sa con- duite et de le prévenir contre les plans d'une ambition pré- maturée. Nous tirerons de la correspondance de ce ministre une partie des détails que nous allons donner. Le roi Gustave arriva a Stockholm dans les derniers jours de mai ; sa bienveillance et son application aux affaires lui gagnèrent l'affection du peuple. N° 3. Dép. de M. de Vergennes, du 17 juin. « L'ouverture de la diète s'est faite le 13. Les trompettes l'ayant annoncée, les membres qui composent les différents ordres, se sont rendus incontinent dans leurs chambres respectives pour y procéder à la vérification de leurs pouvoirs et à l'élection de leurs orateurs Le début n'est rien moins que favorable aux Chapeaux ; les bourgeois, sur l'ordre desquels ils paroissoient