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?14 L'ACADÉMIE DE LYOÎÎ
devait décerner aux derniers jours de sa vieillesse. Au risque
de continuer a dire des choses connues de tous, permettez-
moi, Messieurs, de vous rappeler le bel adieu poétique de
Voltaire reconnaissant à la ville de Lyon :
Il est vrai que Plutus est au rang de vos dieux,
Et c'est un riche appui pour votre aimable ville ;
Il n'a point de plus bel asile ;
Ailleurs il est aveugle, il a chez vous des yeux ;
Il n'était autrefois que dieu de la richesse,
Vous en faites le dieu des arts ;
J'ai vu couler dans vos remparts
Les ondes du Pactole et les eaux du Perracsse, etc.
Voltaire, du fond de sa retraite de Ferney, n'oublia pas
l'Académie de Lyon, avec laquelle il eut toujours les meilleurs
rapports de bon voisinage. De temps a autre, et toujours
de la manière la plus aimable, il lui écrivait, soit pour lui
faire hommage de ses principaux ouvrages, soit pour lui
recommander quelque candidat à ses places d'honoraires et
d'associés. Indépendamment de ces relations en quelque sorte
officielles, il entretenait avec plusieurs de ses membres,
avec Bordes, avec Vasselier, avec les de Fleurieu, avec
d'autres encore, la correspondance la plus amicale et la plus
intime.
De son côté, l'Académie ne fut pas infidèle à la mémoire
de Voltaire. En 1776, le sculpteur Poncet, nouvellement
associé, fit hommage a l'Académie du buste de Voltaire, qu'il
venait de modeler à Ferney. « L'image, dit M. Dumas, du
plus illustre des académiciens lyonnais fut placée, pendant
la séance, sur le bureau. Elle rappelait le jour mémorable où
Voltaire lui-même vint s'asseoir parmi ses confrères. » Enfin
c'est devant l'Académie de Lyon qu'en 1779 Laharpe lut, pour
la première fois, son éloge de Voltaire.
Voici encore d'autres noms célèbres parmi les associés